Daniel Auteuil surprend en chanteur sur son premier album "Si vous m'aviez connu"

Daniel Auteuil enfile un costume où on ne l’attendait pas en cette rentrée : l’acteur deux fois césarisé joue au chanteur et sort vendredi 17 septembre, à 71 ans, son premier album en tant qu’auteur et interprète, Si vous m’aviez connu. L’occasion de le faire parler sur la musique et ses inspirations.

Johnny, Cloclo, Nougaro, premières amours musicales

Dans son couffin, en coulisses, Auteuil entend ses parents, chanteurs lyriques. “A quatre ans, je me souviens d’être le fils de Madame Butterfly”, personnage d’opéra joué par sa mère, raconte-t-il. A la maison, à Avignon, on écoute à la radio Luis Mariano, “ma mère était folle de lui“, Bourvil (aussi chanteur), Annie Cordy, les Compagnons de la chanson, ou encore “le jeune Charles Aznavour, dont les gens disent : avec sa voix éraillée, il n’ira pas loin (rires)“.

Les premiers 33 tours achetés sont ceux de Johnny Hallyday, Claude François et Nougaro. “Un mec me fait beaucoup penser à Nougaro, c’est (Eddy) De Pretto, qui fait vaciller les choses, j’adore ce mec“.

Fou d’Adamo

Je suis fou d’Adamo, je l’aime par frustration (rires) : il est passé à Avignon quand j’étais jeune, j’étais sorti les deux soirs d’avant, et ce soir-là mes grands-parents qui me gardaient m’ont empêché de sortir, mais je l’ai entendu par la fenêtre ouverte“. “Il est venu me voir aux Francofolies (où Auteuil chantait mi-juillet), on se connaît un peu, je lui ai dit que je l’aimais il y a déjà longtemps, tout va bien (rires)“.

La première claque en tant que spectateur en concert “c’est Reggiani, en première partie de Barbara“. Il l’admet, ça tient au fait qu'”il soit aussi acteur et que je voulais faire acteur à cette époque“. Il reprend d’ailleurs du Reggiani aujourd’hui sur scène.

Un premier album arrangé par Gaëtan Roussel

Si vous m’aviez connu, premier album qui sort vendredi, a débuté en hommage à sa mère, après la découverte d’un petit mot qu’elle lui avait laissé dans un recueil de poèmes de Paul-Jean Toulet. Il l’a mis en musique, comme d’autres auteurs connus, aux côtés de textes à lui.

Puis il a rencontré Gaëtan Roussel, leader de Louise Attaque, à qui il a demandé des arrangements “dans l’air du temps“.

Quand je chante Voltaire, on a l’impression que ça a été écrit la veille (rires).

Je suis d’une inconscience totale, si j’avais eu un minimum de connaissances musicales, j’aurais su que mettre en musique des poèmes de Toulet, c’est impossible, ce n’est pas carré, pas le bon nombre de pieds (rires), mais il y avait une envie irrépressible“.

Il s’est mis à la guitare il y a quatre ans

Avant de rencontrer Roussel, Daniel Auteuil s’est mis à composer seul à la guitare, dans les loges au théâtre, dans les caravanes sur les tournages de films. La guitare est entrée dans sa vie “il y a quatre ans” seulement. 

J’avais acheté une guitare à mon fils qui est gaucher comme moi, puis il a arrêté. Moi j’ai pris des cours avec un prof génial, qui ma dit : vous emmerdez pas avec les arpèges ! Amusez-vous à composer !“. “Je me disais : mais je connais trois accords seulement…, et puis je décortique les chansons des autres et je me dis ah c’est tout, il n’y parfois que deux accords. C’est parti comme ça“.

“C’est pareil que quand on fait l’acteur”

Je me suis pris au jeu, je commence à me faire confiance (comme auteur-interprète). Au bout d’un moment, c’est pareil que quand on fait l’acteur: au début on va voir les rushes pendant le tournage, puis après on s’en fout, on sent quand c’est fluide“.

Evidemment, avec humour, il se demande parfois si les salles “ne sont pas remplies avec des gens subventionnés pour faire plaisir au vieil acteur que je suis (rires)“. Les rappels du public, ravi aux Francos en juillet, peuvent le rassurer.

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