Au-dessus des nuages (TF1) Dorine Bourneton : "A chaque clap de fin, je pleurais"

Dorine est aviatrice, maman et paraplégique. C’est son histoire qui est relatée sur TF1, adaptée de son livre “Au-dessus des nuages” (Robert Laffont). Rencontre avec une femme inspirante, incarnée à l’écran par Alice Taglioni.

Ce téléfilm revient sur le chemin parcouru depuis votre accident, à l’âge de 16 ans, jusqu’à votre vie de maman… 

Dorine Bourneton : L’objectif était de créer une proximité avec le téléspectateur, et qu’il puisse aussi se reconnaître dans mon parcours. On n’y parle pas seulement d’aviation, mais ce que c’est d’être une femme dans un monde d’hommes, et une mère handicapée. 

Quelle est la part de réalité dans le téléfilm ? Toutes les épreuves que votre personnage traverse, vous les avez vécues également ? 

La plupart, oui. Avant le tournage, j’ai beaucoup discuté avec les scénaristes, Jérôme Cornuau et Claire Borotra, qui ont su distiller mes propos au détour du film. Par exemple, il est reproché à mon personnage d’acheter des baskets à 400 €. Évidemment, je n’achète pas des baskets à ce prix-là, mais il m’est arrivé de m’offrir de très jolies chaussures, juste pour me sentir une femme comme les autres ! J’ai également vécu le crève-coeur de voir des enfants, invités à l’anniversaire de ma fille, ne pas venir, leurs parents craignant que je ne puisse m’en occuper durant la fête ! 

C’est Alice Taglioni qui vous incarne à l’écran. Comment s’est passée la rencontre ? 

C’est une comédienne très concentrée. Elle a passé du temps avec le réalisateur. J’étais tous les jours sur le tournage et je sentais qu’elle m’observait, comme pour puiser en moi de l’énergie avant de jouer… A chaque clap de fin, je pleurais, tant j’étais émue de voir mon histoire ainsi sublimée. Je suis heureuse du résultat, cela va donner une bonne image des handicapés.

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En 2003, vous êtes parvenue à faire passer un arrêté ministériel qui ouvre l’accès aux handicapés à la licence de pilote professionnel. Qu’avez-vous ressenti, alors ? 

Une joie immense, mais je me suis littéralement effondrée après ça. C’est un travail d’équipe, qui nous a pris sept ans de notre vie, avec tout ce que ça sous-entend d’investissement, d’humiliation, de refus… C’est avec mon ami Guillaume Féral, que nous avons mené ce combat. Je tenais à ce que notre amitié soit visible à l’écran. Sans lui, je ne serais pas la femme que je suis devenue.

Dans le téléfilm, il est reproché à votre personnage de faire passer l’aviation avant tout. Est-ce votre cas, également ? 

Après le crash de l’avion dans lequel je me trouvais, à 16 ans, en tant que passagère (suite à de mauvaises conditions météo, ndlr), et dont j’ai été la seule survivante, l’envie de piloter ne m’a jamais vraiment quittée. Après une période de dépression, j’ai décidé que mon accident devait servir à quelque chose, et j’ai repris les commandes d’un avion pour prouver que les handicapés ont, eux aussi, des compétences pour piloter. Je l’ai aussi fait pour que la mort des trois autres personnes qui se trouvaient avec moi dans l’avion ne soit pas vaine. 

Le message que vous faites passer est qu’il faut toujours aller au bout de ses rêves… 

Tant qu’on n’a pas tout donné, on n’a rien donné ! C’est ce que j’essaie d’inculquer aux jeunes que je croise lors de conférences ou dans mon association, Envie d’envol. Mais, surtout, quoi que l’on fasse, dans la vie, le plus important est de trouver les bonnes personnes pour vous accompagner. 

Au-dessus des nuages : lundi 9 novembre à 21h05 sur TF1

Interview Adeline Quittot 

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