Johnny Hallyday, poule aux œufs d’or :  l’idole des jeunes rapporte-t-elle toujours autant quatre ans après sa mort ?

Bientôt quatre ans après sa mort, Johnny Hallyday fait encore beaucoup vendre et saliver. Un succès phénoménal que le chanteur a connu de son vivant : “Le taulier” est resté pendant quarante ans chez Universal Music et y a enregistré ses plus grands tubes. Mais en 2004, il intente un procès contre sa maison de disque, procès qu’il perdra : la Cour de cassation a tranché en sa défaveur en 2006. Entre temps, Johnny signe chez Warner, une autre major, qui a accompagné la poule aux œufs d’or jusqu’à son décès en 2017, et même après : l’album posthume Mon Pays c’est l’amour, sorti en 2018, s’est écoulé à plus de deux millions d’exemplaires. À titre de comparaison, la très populaire chanteuse Angèle a vendu presque trois fois moins de disques, pour son album Brol, sorti la même année.

Chaque maison de disques pousse ses pions

Un nouvel album à titre posthume est donc sorti vendredi 10 septembre : fort du succès du tome I, vendu à plus d’un demi-million d’exemplaires depuis sa sortie en 2019Yvan Cassar présente Johnny Acte II. Cet album allie prises de voix brutes et orchestre symphonique. Pour le créer, le compositeur et ancien directeur artistique de l’idole des jeunes s’est replongé dans les archives, non sans stress. “Quand j’ai commencé l’acte II, tous les jours, tous les mois, je me suis dit que ce ne n’était pas bien, se souvient-il. Et je refais et je re-refais… Avec la peur de décevoir, la peur d’être en-dessous. On ne sait pas comment ça va être reçu. J’étais conforté par mes sensations concernant la fidélité et la manière dont on avait conçu ce travail.” Avec une mise en place de 200 000 CD et vinyles, il s’agit tout simplement de l’une des plus grosses sorties de l’année.

Il s’agit d’offrir aux gens des versions qu’ils n’ont jamais entendues avant. Si c’est juste pour refaire quelque chose, il l’a déjà fait très bien…

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De son côté, Universal Music réédite surtout la discographie Johnny Hallyday année par année. La maison de disque écoule des palettes entières de CD. Elle prépare actuellement un album sur l’année 1970, avec une liberté éditoriale appréciable puisqu’elle est propriétaire des enregistrements. “Rendre hommage à la carrière d’un artiste, c’est ce que je fais au quotidien”, explique Xavier Perrot, chef de projet chez Universal Music et spécialiste du chanteur. “On possède une grosse partie de son catalogue. Donc à partir de là, forcément, plus vous avez d’enregistrements, plus vous avez de chances de découvrir des pépites, des morceaux inédits, des raretés etc.” 

Xavier Perrot précise que “le travail se passe bien, je rends des comptes à qui je dois en rendre. Tout ce que j’ai pu proposer me semblait être dans l’intérêt de l’artiste, dans le respect aussi de son patrimoine et digne de ses ayants-droits”

Laeticia Hallyday a fait interdire une comédie musicale l’année dernière

Néanmoins, tout ne se fait pas toujours en bonne intelligence. Laeticia Hallyday a fait interdire une comédie musicale l’année dernière et la veuve de Johnny n’est pas ravie de la série documentaire que la plateforme Netflix prépare. En revanche, elle est à la manœuvre en ce qui concerne l’exposition itinérante consacrée au rockeur et prévue pour la fin 2022, selon le journal Le Parisien-Aujourd’hui en France. Laeticia Hallyday était très impliquée dans la carrière de Johnny, jusqu’à être nommée directrice artistique. En octobre 2020, elle justifiait sa fonction dans l’émission C à Vous.

C’est la mission qu’il m’a léguée, qu’il m’a demandé d’assumer mais je comprends la curiosité des gens, les affabulations sur notre vie : ça a toujours suscité ça, la vie de Johnny.

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Aujourd’hui, elle est encore en première ligne, les relations avec Laura et David, les enfants du chanteur, restant très compliquées. Ils n’assisteront pas au concert hommage organisé mardi 14 septembre à 21h05 à l’AccorHotel Arena. Baptisé Que je t’aime, il est co-produit par Laeticia Hallyday, avec Louane, Julien Doré, Calogéro ou Patrick Bruel. Mais ce concert est dans le viseur d’un avocat : Me Emmanuel Ludot. “Je n’imagine pas Patrick Bruel chanter ‘L’envie’. Pardonnez-moi, mais ça va être un massacre“, estime celui qui défend la société rémoise Backstage Management Agency (BMA), qui a récupéré les droits sur l’hologramme de Johnny Hallyday, en vue d’une tournée qui devrait débuter en novembre 2022.

L’hologramme de la star est protégé

L’avocat a envoyé début juillet une mise en demeure aux responsables de ce concert hommage, pour les empêcher d’utiliser cette technique. Laeticia Hallyday jure n’avoir jamais envisagé cette option. Une situation un peu ubuesque. “Il y a un débat de fond que Mme Hallyday n’a apparemment pas bien compris : la technique des hologrammes est aujourd’hui tellement aboutie qu’on peut lui faire faire tout et n’importe quoi, explique Emmanuel Ludot. C’est ce qu’il fallait conseiller à Laetitia Hallyday : lui dire de faire attention. Car aujourd’hui il y a cette technologie qui peut rapporter de l’argent, qui peut effectivement éviter des pillages divers et variés. Ils se sont dit que, quelque part, ils avaient loupé le train. C’est le droit de la résurrection et là il y a un vide juridique colossal.”

Ce nouveau bras de fer judiciaire est un coup est dur supplémentaire pour Laetitia Hallyday, alors qu’elle se débat avec un héritage bien encombrant : les dettes de son défunt mari s’élèvent à plus de trente millions d’euros. Cela l’oblige à vendre des biens, et explique aussi le nombre de projets lancés autour d’un chanteur qui le chantait déjà : “Ça n’finira jamais…”

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