Caroline Giuliani, la fille de l'avocat de Trump qui appelle à voter Joe Biden

Dans les colonnes de Vanity Fair, la réalisatrice de 31 ans – et fille de l’ancien maire de New York Rudy Giuliani – appelle à voter pour le candidat démocrate le 3 novembre.

Caroline Giuliani règle ses comptes. Dans un texte cinglant publié par Vanity Fair ce jeudi 15 octobre, la fille de Rudy Giuliani – l’avocat personnel de Donald Trump et ancien maire de New York – appelle les Américains à voter pour le démocrate Joe Biden. Et la trentenaire ne prend pas de gants, comme l’annonce d’entrée le titre de l’article : «Rudy Giuliani est mon père : s’il vous plaît, tout le monde, votez pour Joe Biden et Kamala Harris». «Mon père et moi sommes à des années-lumière l’un de l’autre, en politique comme pour le reste, commence la jeune femme. J’ai passé ma vie à me forger une identité dans des secteurs très éloignés de mon nom de famille, donc prendre la parole aujourd’hui en tant que “Giuliani” peut paraître contre-intuitif. Mais je me suis rendu compte qu’aucun de nous ne pouvait se permettre de se taire en ce moment.»

«Une chose que j’ai apprise en étant la fille d’un maire clivant devenu le bulldog personnel du président, c’est que la corruption commence avec les béni oui oui, les copains qui créent une bulle de mensonge et de soumission pour rester proches du pouvoir», dénonce Caroline Giuliani. «La seule façon de mettre fin à ce cauchemar est de voter. Il y a de l’espoir à l’horizon, mais nous ne le saisirons que si nous élisons Joe Biden et Kamala Harris. (…) Ce qui m’inspire le plus à propos du vice-président Biden, c’est qu’il ne craint pas de s’entourer de gens qui sont en désaccord avec lui», souligne celle qui s’affiche sur Instagram aux côtés de la colistière démocrate. Puis de conclure : «Si je peux, après des décennies de désespoir sur la politique, m’engager dans notre démocratie pour affronter ce moment critique, je sais que vous le pouvez aussi.»

La rebelle des Giuliani

Née en 1989, Caroline Rose Giuliani n’est pas totalement inconnue des Américains. En 2010, elle avait fait les choux gras de la presse new yorkaise, après avoir dérobé pour plus de 100 dollars de produits de maquillage dans un Sephora, rapportait alors le New York Times. Mais c’est surtout pour ses prises de position politique – à contrecourant de celles de son père républicain – qu’on parle d’elle, outre Atlantique.

La réalisatrice et écrivaine a rompu avec son père politiquement, il y a déjà plusieurs années. En 2008, alors qu’elle a 17 ans et que son père était candidat à la Maison-Blanche (avant d’être éclipsé par John McCain), elle défend sur Facebook qu’elle est «libérale» et dit soutenir Barack Obama. Quatre ans plus tard, elle vote pour le président sortant puis se range, en 2016, derrière la candidature d’Hillary Clinton. Une opposition politique qui rend tout débat difficile avec son père.

«À partir de l’âge de 12 ans, il m’arrivait de temps en temps de débattre avec mon père, sans doute avant que je sois émotionnellement préparée à faire face à un tel carnage, assure la sœur cadette d’Andrew Giuliani, très proche de Donald Trump, dans son éditorial pour Vanity Fair. Même s’il était considéré comme modéré sur les questions de société pour un républicain à l’époque, nous nous opposions souvent. Quand je tentais de lui expliquer ma conviction qu’avoir des amis homosexuels ne suffit pas à faire de vous un bienfaiteur de la communauté LGBTQ+, je me rappelle avec précision qu’il ripostait avec une intensité qui aurait été plus appropriée vis-à-vis d’un adversaire politique que pour s’adresser à un enfant.» Caroline Giuliani tient toutefois le souligner : elle ne partage pas cette anecdote pour se plaindre, ni même pour critiquer. «J’ai eu une enfance extrêmement privilégiée et je suis reconnaissante pour tout ce que j’ai reçu, y compris des leçons de vie et des expériences compliquées comme celles-là, admet-elle. Il s’agit d’illustrer une des nombreuses raisons pour lesquelles j’ai une relation compliquée avec la politique, comme nombre d’entre nous.»

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Rudy Giuliani, soutien indéfectible de Trump

Surnommé un temps «le maire de l’Amérique» pour son leadership après les attentats du 11 septembre 2001, Rudy Giuliani, 76 ans, n’est aujourd’hui plus la légende qu’il était. En particulier dans sa ville natale, qu’il a dirigée de 1994 à décembre 2001. En cause : son soutien indéfectible au président américain, qu’il n’a cessé de couvrir quitte à lui servir de fusible dans l’affaire ukrainienne. Encore récemment, on a reproché à l’avocat républicain d’encourager la diffusion, via le quotidien conservateur New York Post, d’informations à la provenance suspecte portant sur le fils de Joe Biden, Hunter, accusé par Trump et ses alliés d’avoir impliqué son père dans des pratiques corrompues en Ukraine.

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