Orelsan : ces menaces de personnalités politiques pour déprogrammer les concerts du rappeur

Un livre qui ravive la polémique. Dans la biographie Orelsan, le Rimbaud du rap d’Alain Wodrascka, Daniel Colling, fondateur du festival Le Printemps de Bourges, se souvient des pressions qu’il a reçues pour déprogrammer la présence du rappeur normand.

Orelsan

Sur la scène musicale, Orelsan ne fait pas l’unanimité. L’artiste de 38 ans a été reconnu plusieurs fois aux Victoires de la musique pour son talent. Pour autant ce dernier a plusieurs polémiques à son actif. En cause, le caractère jugé parfois violent de ses chansons, à l’image de Sale pute, un titre issu de son premier album en 2009, accusé d’inciter à la violence contre les femmes. La même année, auprès de nos confrères du Monde, le rappeur avait alors expliqué les paroles du morceau. “Dans cette chanson, j’essaie de montrer comment une pulsion peut transformer quelqu’un en monstre. J’ai tourné un clip où je porte un costume cravate et bois de l’alcool, pour montrer qu’il s’agit d’une fiction“, se justifiait-il. Une mise au point qui n’aurait, semble-t-il, pas suffi à défendre Orelsan aux yeux de certains politiques de l’époque. Dans la biographie Orelsan, le Rimbaud du rap écrite par Alain Wodrascka – en vente depuis le jeudi 22 avril 2021, Daniel Colling, le fondateur du festival Le Printemps de Bourges se souvient du mouvement anti-Orelsan.

Certains ont cédé à ces pressions

Selon Daniel Colling, la classe politique aurait fait pression, en 2009, pour déprogrammer les concerts de l’interprète de Suicide social. “Le passage d’Orelsan au Printemps n’était pas isolé. (…) Une centaine d’élus des villes où il devait chanter se sont retournés contre les directeurs de ces petites salles de 300 à 500 places, arguant qu’il était inadmissible d’accueillir un artiste qui tenait dans ses chansons des propos diffamatoires. Et certains ont cédé à ces pressions“, rapporte-t-il. Ce dernier aurait refusé de se plier à la “pression de François Bonneau (Ndlr : le président de la région Centre)”.” Il m’a demandé de déprogrammer un artistepeu recommandable, qui tient des propos inadmissibles‘. J’ai refusé de m’incliner et il m’a menacé de me priver de mes subventions, qui s’élevaient quand même à 300 000 euros. Ce à quoi je lui ai répondu : ‘Subventions ou pas, tu touches un point essentiel pour le Printemps car, pour nous, l’artiste, les choix musicaux priment avant tout !’“, affirme-t-il dans cet ouvrage, n’ayant pas voulu aller à l’encontre de l’intégrité de son festival.

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