Marlène Schiappa dans les pas de Gérald Darmanin : ce coup de griffe

Nommée ministre déléguée à la Citoyenneté à la faveur du remaniement, Marlène Schiappa ne fait pas l’unanimité. Au sein de la majorité et du gouvernement, certains regrettent qu’elle suive les traces de Gérald Darmanin.

C’est avec fierté et joie que Marlène Schiappa a accepté son nouveau poste. A la faveur du remaniement, la chouchoute de Brigitte Macron a été nommée ministre déléguée à la Citoyenneté en juillet dernier. Un poste inédit, qu’elle occupe en collaboration avec Gérald Darmanin. Et si leur duo interroge, il cristallise aussi les critiques, de la part même des membres de la majorité. Certains, comme le note le HuffPost, regrettent que l’ex-secrétaire d’Etat à l’égalité femmes-hommes défende aussi hardiment son ministre de tutelle – au contraire d’Eric Dupond-Moretti -, au coeur d’une polémique pour avoir utilisé le terme “ensauvagement”. “C’est l’illustration parfaite de sa dérive droitière, explique une députée de la majorité à nos confrères. On ne pensait pas qu’elle se raidisse à ce point. On souhaitait qu’elle contrebalance le discours de Gérald Darmanin, et finalement on voit qu’elle marche dans ses pas.” Ce comportement de Marlène Schiappa agace et inquiète chez LREM.

Dans les colonnes du HuffPost, le député Aurélien Taché évoque un “raidissement idéologique” de la ministre, qui “adopte un ton populiste, une rhétorique de l’instinct, opposée à celle de la raison, comme le ferait Donald Trump”. Mais si certains n’hésitent à pas critiquer les prises de paroles et les idées politiques de Marlène Schiappa, ses proches tiennent à la défendre. Et rappeler que ses actions ne s’inscrivent pas à l’extrême droite comme lorsqu’elle a signé, ce mardi 15 septembre, une circulaire pour aider les travailleurs étrangers à obtenir la nationalité française. “Je vois une constance dans son parcours, confiait un ancien directeur de cabinet de la ministre. Depuis le début de sa carrière, elle promeut l’engagement citoyen et affiche des positions claires sur la laïcité.” Au HuffPost, il a décrit Marlène Schiappa comme une femme “clivante” car “courageuse” : “C’est le propre des politiques qui vont sur des sujets sensibles et qui s’y investissent à fond”.

Nommée pour “contrebalancer” le ministre de l’Intérieur ?

“Elle n’a pas varié. Elle n’a pas changé de convictions. Elle habite la fonction dans laquelle elle est aujourd’hui. C’est la droite ligne de ce qu’elle a fait auparavant et cela s’inscrit dans le dépassement de la droite et de la gauche voulu par le Président de la République, et qu’elle a toujours porté”, ajoute un membre du cabinet du Premier ministre, qui peine à convaincre les connaissances de Marlène Schiappa. Pour l’une d’entre elles, qui l’a côtoyée au Mans, la ministre “n’a pas de convictions, hormis la laïcité et la cause féministe” et ne serait qu’une “opportuniste” “capable de les mettre de côté”. Nommée à l’Intérieur, peut-être pour être “l’oeil de Moscou” d’Emmanuel Macron, la ministre à la Citoyenneté permet aussi de “contrebalancer Gérald Darmanin, comme le décrit un membre du gouvernement au HuffPost. Une femme, un homme, une féministe, un mec accusé…”

Nommée à un poste crée par Emmanuel Macron et Jean Castex, Marlène Schiappa décrivait les sujets qui allaient occuper ses journées dans les colonnes du Journal du dimanche. “Je pilote tout ce qui touche à la citoyenneté au sens des politiques d’intégration, de cohésion ; je défends les valeurs de la République, notamment la laïcité, sous l’autorité du ministre de l’Intérieur”, expliquait l’épouse de Cédric Bruguière. Elle continuait en évoquant cette période, “la deuxième partie du quinquennat” du président de la République durant laquelle elle va s”‘attacher à mettre les lois et décisions du gouvernement en application, par exemple en matière d’asile et d’immigration”. Interrogée sur son travail avec Gérald Darmanin, accusé de viol, elle ajoutait : “Je suis féministe depuis toujours, jamais je n’aurais accepté de travailler avec un homme reconnu coupable de viol”.

Crédits photos : Stephane Lemouton / Bestimage

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