"Les damnés de la Commune": Victorine Brocher a-t-elle vraiment existé?

Arte diffuse mardi 23 mars, à 20h55, le documentaire “Les damnés de la Commune”, un récit agrémenté d’images issues de gravures d’époque. Une plongée dans le passé et l’insurrection populaire de 1871. Parmi les Communards, Victorine Brocher qui joue les narratrices.

Restez informée

A l’occasion des 150 ans du soulèvement populaire de la Commune de Paris, les documentaires, ouvrages et débats sont nombreux pour rappeler aux Français cet événement important dans l’Histoire. Sous forme d’un récit animé, le graphiste et réalisateur Raphaël Meyssan a adapté les trois tomes de son roman graphique éponyme, pour lequel il avait collecté des centaines de gravures dans les journaux et les livres de l’époque. Pour conter l’histoire, il a choisi Victorine Brocher, jeune révoltée, communarde et journaliste anarchiste. C’est l’actrice Yolande Moreau qui lui prête sa voix.

Elle explique avoir exercé de nombreux métiers, dès son adolescence, crieuse de journaux, porteuse de pain, lavandière, couturière. Mariée à un ancien soldat, elle vit dans des conditions précaires, au pied de la butte Montmartre. “Il passe son temps à boire, je ne peux compter que sur moi-même”, dit-elle. Mère d’un petit Gabriel, elle exprime sa soif de justice et veut un avenir meilleur pour son fils. Rêvant de changer le monde, elle créé une cantine coopérative, avec d’autres bénévoles. Elle assiste à des réunions publiques et forge ces idées, sa conscience politique. Républicaine convaincue, elle devient militante active, engagée pour en finir avec l’Empire. Le 4 septembre 1870, elle fait partie des milliers de citoyens qui se pressent devant le Parlement pour demander la destitution de l’Empereur. Avec d’autres, elle entre dans l’enceinte de la chambre des députés. La République sera ensuite proclamée, alors que les Prussiens sont aux portes de Paris. Le mari de Victorine s’engage dans la garde nationale. Elle en fera de même peu après, confiant son fils à sa mère. En tant que femme, il lui faudra insister pour être recrutée, mais il intègre le 17e bataillon en tant qu’ambulancière.

Face à l’inaction du gouvernement en place, elle se mobilise, derrière Clémenceau, pour l’élection d’une Commune de Paris pour lutter contre les Prussiens. Mais les élections n’auront pas lieu, et les initiateurs arrêtés. L’hiver est rude, le rationnement est mis en place..et les Allemands, quelques mois plus tard, bien installés à Paris et dans la moitié nord du pays. Mais, à place de la Bastille, durant plusieurs jours, les “fédérés” tiennent les barricades, refusant le nouveau gouvernement monarchiste, nommé à Bordeaux, qui s’apprête à capituler, à céder l’Alsace et la Lorraine. Victorine rejoint les fédérés dont le drapeau rouge symbolise le peuple, prêt à mourir pour sa liberté. Alors qu’elle est de toutes les manifestations, Victorine est foudroyée. Son petit garçon se meurt. Il attendra l’arrivée de son père pour pousser son dernier souffle. Elle consacrera désormais sa vie à ses combats, ses idéaux, son engagement politique. Condamnée à mort, elle parviendra à fuir en Suisse où elle restera un an. Quelques années plus tard, après la mort de son mari, elle rencontrera Gustave Brocher, libre-penseur. Ils adopteront cinq enfants de communards et feront de leur maison un asile pour de nombreux exilés.

“Les damnés de la Commune,” Arte, mardi 23 mars, 20h55, rediffusion jusqu’au 20 mai 2021.

Source: Lire L’Article Complet