Emmanuel Macron suspend le vaccin AstraZeneca : les coulisses et la panique

Ce lundi 15 mars, Emmanuel Macron a annoncé que la France suspendait l’utilisation du vaccin contre la Covid-19 développé par AstraZeneca, en attendant l’avis de l’Agence européenne des médicaments. En coulisses, les équipes de l’Élysée ont tenté de ne pas céder à la panique, comme l’a rapporté Politico dans sa newsletter.

A propos de

  1. Emmanuel Macron

La France a décidé de suivre l’exemple de ses voisins européens. Ce lundi 15 mars, lors d’une conférence de presse tenue depuis Montauban (Tarn-et-Garonne), Emmanuel Macron a annoncé la suspension “par précaution” de l’utilisation du vaccin AstraZeneca contre la Covid-19, en attendant de recueillir l’avis de l’Agence européenne des médicaments. “L’Autorité européenne, l’EMA, rendra demain après-midi un avis sur le recours à ce vaccin (…). La décision qui a été prise en conformité aussi avec notre politique européenne est de suspendre par précaution la vaccination avec AstraZeneca”, a déclaré le chef de l’Etat, qui a dit “espérer reprendre vite” la vaccination avec ce sérum “si l’avis de l’autorité européenne le permet.” Une décision qui intervient après l’apparition d’effets secondaires chez des personnes vaccinées et qui n’a pas manqué d’affoler les équipes de l’Élysée, comme l’a rapporté Politico.

Après le coup de téléphone du président de la République, tous ont tenté de ne pas céder à la panique. Comme l’ont précisé nos confrères, c’est le secrétaire général de l’Élysée, Alexis Kohler, qui a prévenu ses troupes : “Pardon, j’ai dû m’interrompre je viens d’avoir le président…“, se serait-il excusé, selon des propos rapportés par la newsletter du site Politico. Après s’être entretenu avec son premier ministre Jean Castex et le ministre de la Santé Olivier Véran, c’est à Alexis Kohler qu’Emmanuel Macron a fait part de décision de suspendre les injections du vaccin AstraZeneca. Dès que l’intéressé a partagé la nouvelle avec ses collaborateurs, ces derniers ont aussitôt pensé aux conséquences : “Lorsqu’Alexis Kohler a prévenu ses collègues de l’annonce imminente du président, certains d’entre eux ont eu un petit frisson en songeant au bins médiatique auquel ils allaient avoir à faire dans l’après-midi”, ont rapporté nos confrères.

Quoi qu'il arrive, suspension définitive ou non, la suspicion est jetée sur le vaccin AstraZeneca. La confiance est définitivement rompue : désormais les doutes resteront. https://t.co/oREXB0h8fx

Des prises de parole et des contradictions

D’autant que la veille, Jean Castex réaffirmait la qualité du vaccin AstraZeneca et demandait aux Français d’accorder leur “confiance.” À l’occasion d’une interview accordée à Samuel Étienne sur la plateforme Twitch, le locataire de Matignon s’était voulu rassurant : “À ce stade, il faut avoir confiance dans ce vaccin et se faire vacciner, je le dis de la façon la plus solennelle, sinon on aura des retards dans la vaccination, les Françaises et les Français seront moins protégés et la crise sanitaire durera longtemps”, avait-il annoncé. Et de préciser : “On n’a pas suspendu parce que nous ne disposons pas, au contraire, d’éléments qui nous conduisent en France à suspendre cette vaccination. Des discours divergents qui ont suscité les railleries des internautes, mais également de l’opposition. Le Premier ministre aurait-il parlé trop vite ? Les équipes de l’Élysée et de Matignon ont en tout cas dû se concerter pour accorder leurs violons face aux journalistes…

Crédits photos : Jean-Marc Haedrich / Pool / Bestimage

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