Chevaux mutilés et tués en série : un appel à témoin a été lancé

Depuis plusieurs mois, des cas de mutilation de chevaux ont été recensés dans toute la France. Une enquête pour actes de cruauté a été ouverte suite à une recrudescence de ces attaques pendant le mois d’août 2020.

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C’est une affaire qui laisse la police perplexe. Depuis le début de l’année 2020, plusieurs chevaux ont été retrouvés violemment mutilés dans toute la France. Certains ont succombé à leurs graves blessures, et les propriétaires d’équidés s’inquiètent. Entre juin et août, sept chevaux de la région dieppoise ont été agressés. Loïc Crampon, éleveur en Seine-Maritime, a retrouvé son âne mort dans un champ. Un œil et une oreille de l’animal avaient été arrachés. Deux semaines plus tôt, toujours près de Dieppe, c’est une jument qui avait été retrouvée à l’agonie avec une oreille en moins. Comme le rappellent nos confrères de France Info, plusieurs attaques de ce type ont été recensées dans tout le pays depuis le mois de février. Deux chevaux en Moselle et en Vendée, une jument dans le Puy-de-Dôme, une pouliche dans l’Aisne, ainsi qu’un poney dans la Somme… Tous ont été tués selon le même mode de fonctionnement.

Une enquête pour actes de cruauté a été ouverte

Ces deux dernières semaines, quatre cas de mutilation ont été recensés dans le département du Jura. Deux juments ont été agressées au niveau des parties génitales, dans le week-end du 22 août. Mardi 25 août, le parquet de Lons-le-Saunier a annoncé avoir lancé un appel à témoin. “J’appelle toute personne susceptible de fournir des informations sur des faits s’étant déroulés dans le [département] et pouvant permettre de mettre un terme à ces actes barbares […] à apporter leur témoignage à la gendarmerie en appelant le 0800 00 47 12”, a indiqué dans un communiqué Lionel Pascal, le procureur de la République. Cet appel intervient après la découverte d’un nouveau cheval mutilé à Courlans. “Le mode opératoire est similaire”, affirme le procureur.

Le parquet indique que la section de recherches de la gendarmerie de Besançon est “saisie de chacune des enquêtes des chefs d’actes de cruauté sur animal domestique”, en lien avec l’Office central de lutte contre les atteintes à l’environnement et la santé publique. La Fédération nationale d’équitation s’est constituée partie civile, ainsi que l’ordre national des vétérinaires. Les fondations Brigitte-Bardot et 30 Millions d’Amis ont l’intention d’en faire de même à travers certaines de ces affaires.

Des agressions en série non revendiquées

Les enquêteurs n’auraient pour l’instant aucune piste concernant les auteurs de ces agressions. L’une des dernières en date remonte à lundi 24 août, dans l’Yonne. Un éleveur a alors surpris deux individus armés d’un couteau en train de s’en prendre à son cheval. C’est le chien du propriétaire qui l’a alerté par ses aboiements. Les individus se sont enfuis après avoir porté des coups – superficiels, par chance – à l’équidé. Ces agressions en série, non revendiquées pour le moment, auraient débuté en 2018. Plus d’une vingtaine de cas ont été recensés depuis, selon Le Figaro. Mais les plaintes se multiplient depuis le début de l’été 2020. À chaque fois, les agressions se ressemblent : l’animal est estropié, ses yeux sont parfois arrachés, ses membres blessés, et son oreille (souvent droite) sectionnée. Certains sont égorgés, d’autres poignardés au cœur, tandis que certaines femelles se voient retirer leur vagin.

Pour les différents éleveurs concernés, ces actes sont l’œuvre de professionnels et de grands connaisseurs des équidés et de leur comportement. “Il faut savoir passer les clôtures, prendre un cheval du troupeau sans créer la panique, sans faire de bruit, savoir l’immobiliser”, explique Lydie Cerisier, dont la ponette shetland est morte, l’oreille coupée, au mois de mai.Celui ou ceux qui font cela savent ce qu’ils font et savent très bien le faire”, estime à son tour Pauline Sarrazin. Elle a vu sa jument mourir dans ses bras, une oreille coupée également, et le museau sectionné. Pour elle, la découpe des organes était très précise, voire “chirurgicale”. “Les traces constatées sur les naseaux laissent présumer l’utilisation d’un tord-nez, accessoire demandant à son utilisateur des connaissances et des compétences dans le monde équestre pour le manipuler avec efficacité”, indique le Service central du renseignement territorial (SCRT) dans une note datée du 30 juin, à laquelle nos confrères du Parisien ont eu accès. “Des questions se posent sur leurs auteurs et leurs réelles intentions : superstition, fétichisme, rituel satanique, sectaire ou autre, s’interroge le service. Car en effet, la découpe des oreilles laisse penser que les coupables souhaitaient garder un “trophée” de leurs crimes. Aujourd’hui, toutes les pistes sont envisagées pour retrouver le “gang des tueurs de chevaux”.

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