Parlons culture ! La sélection de franceinfo pour le week-end

Tous les week-ends, retrouvez Parlons culture !, la sélection de quatre incontournables culturels du moment. Au menu cette semaine, un film d’animation vieux de plus de 30 ans, une série documentaire sur de dangereux criminels, un album de bande dessinée poignant et inspirant et enfin une exposition dédiée au volcan le plus célèbre du monde. Bonne découverte.

Le film d’animation dont on parle : “Akira”

Trente ans après une explosion mystérieuse qui l’a détruite à la fin des années 1980, Néo-Tokyo s’apprête à accueillir les Jeux olympiques dans une atmosphère post-apocalyptique. Rongée par la violence et la drogue, la capitale japonaise peine à relever la tête, à l’image de sa jeunesse totalement désabusée. Kaneda et Tetsuo sont de ceux-là, membres d’un gang de motards qui tuent le temps en sillonnant la ville. Jusqu’à ce qu’ils découvrent par hasard qu’au cœur du futur grand stade toujours en travaux, une faction de l’armée travaille sur un projet secret nommé Akira.

On ne présente plus ce chef d’œuvre d’anticipation sorti au Japon en 1988 et devenu un pilier de la contre-culture japonaise. Adapté du manga éponyme par son auteur, Katsuhiro Otomo, Akira n’a jamais pris une ride. Et Eurozoom, le premier distributeur de films d’animation japonais en France entend bien nous le prouver en le ressortant en salles en version restaurée 4K à partir du 19 août. L’occasion rêvée pour (re)découvrir ce monument de la pop culture à l’esthétique bluffante et donner ainsi un coup de pouce aux exploitants de salles de cinéma en mal de films à projeter.

Akira de Katsuhiro Otomo, 2h04, sorti en salles le 19 août.

La série documentaire dont on va parler : “World’s Most Wanted”

Vous n’en avez probablement jamais entendu parler, et pourtant, ces cinq personnes comptent parmi les criminels les plus recherchés sur la planète. Parmi eux, un chef de cartel mexicain, une Britannique soupçonnée d’être l’instigatrice de nombreux attentats islamistes, le dernier parrain de la Cosa Nostra et le plus puissant des mafieux russes. Sans compter Félicien Kabuga, accusé d’avoir contribué et financé le génocide des Tutsi au Rwanda, et dont la traque s’est finalement achevée en mai dernier. L’homme de 85 ans était réfugié en banlieue parisienne où il a été interpellé par la police française.

Quatre hommes et une femme que World’s Most Wanted s’attache à raconter (mais la série documentaire cherche surtout à comprendre comment ils ont échappé aux autorités depuis tant d’années). Racontée comme un thriller, World’s Most Wanted compile cinq enquêtes journalistiques dirigées par le Français Jérôme Fritel. Co-produite par Nova Productions et Premières Lignes, la série ne cherche à aucun moment à se substituer à ces hommes et ces femmes qui dédient souvent leur vie à traquer ces criminels. Mais sa réussite tient dans le fait qu’elle met en lumière les difficultés que rencontrent les autorités pour neutraliser ces individus. Comme une compilation d’échecs à l’échelle mondiale. Désespérant.

World’s Most Wanted, une série en cinq épisodes d’environ une heure, disponible sur Netflix.

La BD dont on a parlé (mais ça vaut le coup d’en reparler) : “Le Col de Py”

C’est probablement l’une des images les plus évocatrices du Japon. Le mont Fuji, ce volcan de 3 776 m d’altitude, situé sur Honshu, l’île principale de l’archipel nippon, inspire les artistes depuis des siècles. “Un lieu universellement reconnu, emblématique à la fois du paysage, de la spiritualité et de l’art japonais”, inscrit depuis 2013 sur la liste du patrimoine mondial de l’Unesco “au titre de lieu sacré et de source d’inspiration artistique“, comme le rappelle Sophie Makariou, présidente du musée Guimet. C’est dans ce lieu qui met à l’honneur les arts asiatiques que se tient jusqu’au 12 octobre l’exposition “Fuji, pays de neige” consacrée aux œuvres qui mettent en scène le célèbre Fuji-san.

L’occasion de découvrir 70 estampes d’une grande richesse d’interprétation réalisées par les plus grands maîtres japonais comme Katsushika Hokusai. Celui dont on connaît évidemment La Grande Vague de Kanagawa a été totalement obsédé par ce volcan dont il a tiré l’œuvre, Trente-six vues du mont Fuji, ayant inspirée Paul Cézanne lorsqu’il peignait la montagne Sainte-Victoire. Optant pour la chronologie, la scénographie de l’exposition offre une réflexion sur la notion de motif dans l’art et sur l’enjeu de renouvellement. Fascinant et hypnotique.

“Fuji, pays de neige”, au Musée national des arts asiatiques-Guimet, jusqu’au 12 octobre.

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