Le Joker : Pourquoi préfère-t-on souvent les méchants aux héros dans les films ?

Alors que Joker continue d’exploser le box-office, on s’est demandé pourquoi on avait une fascination pour les méchants ? 

Le succès de Joker de Todd Phillips est incontestable. Alors que le film, sorte de réinvention réussie et habitée, vient de rentrer au panthéon des films Rated-R, comme l’un des meilleurs jamais réalisés, force est de constater que la capacité majeure de ce long-métrage – hormis l’interprétation du brillant Joaquin Phoenix –, est sa capacité à rendre fascinante l’histoire de l’un des super-vilains les plus connus des comics. Antagoniste mythique du personnage de Batman, le Joker est l’exemple même du bad guy que l’on adore détester. Mais alors, pourquoi préfère-t-on souvent les méchants aux héros ?

Tout d’abord car les méchants au cinéma et notamment le Joker, sont les vecteurs des maux d’une société. Ici Arthur Fleck va au travers du meurtre de ces trois hommes dans le métro, être le déclencheur de quelque chose qui le dépasse. Devenu le symbole d’un militantisme contre le système en place, le Joker devient la figure de tout un mouvement de rébellion. Sans que le spectateur puisse automatiquement s’identifier, ces manifestations peuvent faire appel à une réalité parfois très proche de ce que représente le cinéma. Métaphore d’un système, le Joker est aussi un personnage doué d’une certaine “humanité” quant à ses origines.

En effet, en choisissant de nous monter le plongeon d’Arthur Fleck dans les profondeurs de la folie, Todd Phillips nous offre une première partie de film pleine d’humanité : Arthur va chez sa psychologue, prend soin de sa mère, travaille et tente de percer en tant qu’humoriste. C’est d’ailleurs l’une des raisons pour laquelle le film fonctionne aussi bien. Le spectateur est transporté par cette dégringolade du Joker, ce qui crée un rapprochement assez étonnant avec le futur super-vilain. Plus précisément, les héros ou super-héros, sont souvent représentés de façon idéaliste. Dotés de super-pouvoirs, ils sont avant tout les sauveurs de l’humanité. Néanmoins, si des séries noires comme The Boys ou Watchmen qui cartonnent en ce moment, ont tendance à désacraliser cette conception, elles ont tout de même participé à nous faire aimer davantage les super-vilains et leurs travers, quitte à les cacher derrière un costume de super-héros.

Symbole parfois de sadisme et incontestablement de cruauté, ces méchants sont aussi appréciés du grand public, par la folie qu’ils dégagent. Sorte d’exutoire ou de mimesis, le spectateur va au travers de leur violence ressentir un plaisir tiré de cette fiction, ou parfois un enseignement. De plus, ces méchants sont essentiels à l’intrigue. Dans le cas du Joker, son personnage est nécessaire puisque c’est sur lui que repose l’action, sans quoi Batman n’aurait aucune raison d’exister. Enfin, il faut dire que les nombreuses interprétations du plus grand criminel de Gotham, ont participé à l’engouement que le public a envers le personnage. Il est évident que le jeu d’acteur y est souvent pour beaucoup. Allant de Jack Nicholson, à Joaquin Phoenix en passant par Heath Ledger ou Jared Leto, les interprétations du Joker sont pour la plupart d’anthologie, chaque comédien ayant réussi à marquer de son empreinte l’un des méchants les plus iconiques de la pop culture !

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