Le festival du film de Toronto déroule son tapis rouge virtuel

Le Festival international du film de Toronto (TIFF), plus grande fête du 7e art en Amérique du Nord, s’ouvre jeudi dans une formule virtuelle, pandémie oblige, contraignant les grandes stars d’Hollywood à présenter leurs films à distance.

Le festival canadien, qui ne décerne pas de palme ou d’ours comme à Cannes ou à Berlin mais uniquement un prix du public, donne souvent le tempo aux récompenses hivernales à Hollywood.

Habituellement, un demi-million de cinéphiles accourent au festival pour voir défiler le gratin d’Hollywood sur son tapis rouge. Mais les stars brillent par leur absence cette année, en raison de la fermeture des frontières liée à la pandémie.

Les cinéphiles se trouvant dans la région pourront seulement assister à des séances en “drive-in” depuis leur voiture lors du festival, qui présente aussi des films d’auteur en quête de distributeurs.

Autre particularité de cette 45e édition, à l’affiche jusqu’au 20 septembre, une programmation épurée, avec à peine 50 films au menu contre environ 300 habituellement.

Les organisateurs ont toutefois prévu des présentations avec Martin Scorsese, Anthony Hopkins, Nicole Kidman et Kate Winslet, qui participeront à des galas et discussions virtuelles.

“Nous voulions toujours faire un festival”, “c’est important pour notre public et je pense que nous avons tous besoin d’inspiration et de ce que l’art peut offrir”, a indiqué à l’AFP le codirecteur de l’événement Cameron Bailey.

“Et il y a aussi le fait que l’industrie cinématographique doit continuer”, a-t-il expliqué.

– Projections simultanées –

Plusieurs festivals ont été annulés cette année à cause du Covid-19, dont Cannes au printemps et Telluride, dans le sud-ouest des Etats-Unis.

En ces temps difficiles qui n’épargnent pas l’industrie, Toronto souhaite collaborer avec d’autres festivals, comme la Mostra de Venise, qui doit décerner le Lion d’Or samedi, et celui de New York, pour promouvoir ensemble des films.

Les projections de “Nomadland”, l’histoire d’une nomade des temps modernes au Nevada, incarnée par une actrice oscarisée, Frances McDormand, auront lieu “presque simultanément” vendredi à Toronto et Venise, qui seraient normalement en compétition pour décrocher l’avant-première mondiale, selon Cameron Bailey.

“Ca n’était pas vraiment logique d’être en compétition cette année, alors que tant de choses sont en jeu”, a-t-il dit.

Seront également dévoilés à Toronto “Ammonite” de Francis Lee avec Kate Winslet, “Concrete Cowboy” de Ricky Staub avec Idris Elba ou “One Night in Miami”, pour lequel l’actrice afro-américaine Regina King passe derrière la caméra sur la question raciale.

L’actrice britannique Kate Winslet se verra attribuer le “Tribute Actor Award”, pour sa contribution exceptionnelle au 7e art, comme Anthony Hopkins – qui joue dans le film “The Father”, projeté au TIFF – et la réalisatrice sino-américaine Chloe Zhao.

Le TIFF s’est avéré être, au fil des ans, un tremplin pour les Oscars en récompensant notamment “La Forme de l’eau” et “Green Book”, sacrés meilleur film de l’année à Hollywood.

Cette année, le festival s’ouvre avec le dernier film de Spike Lee, une adaptation de l’oeuvre “American Utopia” de David Byrne, qui aborde le racisme et les violences policières.

Spike Lee “a été un artiste qui s’est fait entendre sur tellement de sujets au fil des ans, ça donne l’impression que cette année, ce qu’il dit depuis des décennies résonne en beaucoup plus de gens”, a estimé Cameron Bailey.

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