Deauville et ses cabines de plage mythiques : d'où vient la tradition des noms de stars ?

Rituel incontournable du festival du cinéma américain de Deauville, qui ouvre ce jour sa 46e édition, l’inscription des noms de stars sur les barrières des cabines de plage est une tradition bien ancrée, même si elle n’est pas si vieille que cela.

Créée vers 1860 par le Duc de Morny, demi-frère de l’empereur Napoléon III, la station balnéaire de Deauville, située en Normandie sur la côte de nacre, possède depuis le début des années 1920 ses célèbres Planches face à la mer. Un lieu de promenade prisé, où il faut voir et être vu. Une promenade indissociable de ses non moins célèbres cabines de plage, qui ont vu le jour au même moment, dans cette France des Années Folles qui voue une passion au culte du corps et au grand air.

Si Claude Lelouch a immortalisé les lieux et marqué la mémoire cinéphilique en tournant ici une superbe scène de retrouvailles amoureuses dans Un homme et une femme, au point d’ailleurs que la ville donnera le nom du cinéaste à la place devant les Bains situés au tout début des Planches, l’heure n’est pas encore à la fameuse tradition des noms de stars hollywoodiennes inscrits sur les cabines de plages.

Né en 1975, le Festival du cinéma américain, qui ouvre sa 46e édition ce 4 septembre, attendra 1987 pour voir naître ce qui est désormais devenu un rituel. Alors maire de la ville, Anne d’Ornano a l’idée d’inscrire les noms des acteurs et réalisateurs sur les lices qui bordent la promenade, à qui le festival a rendu hommage. Chaque année, le même rituel : quatre ou cinq stars américaines viennent prendre la pose devant les photographes, pour inaugurer la cabine de plage à leur nom. Si les inaugurations ne furent pas toujours faites en présence des intéressés, les talents honorés font systématiquement acte de présence depuis 2010.

“Fin août, quand on apprend les noms des stars à qui le festival rendra hommage, on appelle une entreprise pour qu’elle vienne les inscrire” expliquait en 2015 à Ouest France Delphine Barré, la responsable de la communication de la municipalité. L’occasion de rafraîchir la peinture de noms qui ont subi “la pluie, le vent, les tags…” et de reléguer les “vieux” noms fraîchement repeints en bout de promenade, où il restait quelques places libres, afin de libérer une place plus centrale aux nouveaux venus. “Chaque année, j’en repeins entre dix et vingt. Des abîmés et des nouveaux”, confiait dans le même article Sébastien Guilbert, salarié de l’entreprise trouvillaise Lettres et décors, en charge de ces travaux; ajoutant : “il y a 25 ans, je peignais les lettres à la main, aujourd’hui, j’applique un pochoir avec le nom de la personne pour peindre plus vite”.

Depuis le temps qu’existe cette tradition, et à raison d’environ cinq noms inscrits chaque année sur un total de 450 cabines, la place va inexorablement finir par manquer. D’autant qu’il n’est pas question d’effacer les noms des stars, mis à part, cas exceptionnel, celui d’Harvey Weinstein, emporté par l’affaire qui porte son nom. “On tient une liste et on vérifie régulièrement qu’aucun nom ne manque” assurait en 2015 la chargée de communication de la municipalité. Pourtant, en 2017, il ne restait semble-t-il que… Deux cabines disponibles. Dès lors, que faire ? Inscrire deux noms plutôt qu’un seul ? Contactée par nos soins, l’équipe municipale n’a pas répondu à notre sollicitation. A l’heure où nous écrivons ces lignes, nous ignorons la décision qui a été prise.

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