Alice de l'autre côté du miroir (W9) Mia Wasikowska : "Tim Burton : je lui dois tout !"

Mia Wasikowska est la carte maîtresse de ce second volet orchestré par James Bobin, mais l’actrice n’en n’oublie pas moins celui qui l’a lancée : Tim Burton…

Alice, amazone du futur

Fin août 2014, à Londres, aux studios de Shepperton. Dans ces décors grandioses, sous la direction de James Bobin, on tourne la course folle contre la montre d’Alice Kingsleigh. En un temps record, l’héroïne doit sauver le Chapelier fou (Johnny Depp, génial) de sa grave dépression, tout en affrontant, dans un tonnerre de feu et de fureur, les forces du Mal, incarnées par le redoutable Maître du temps (Sacha Baron Cohen). À 24 ans, l’actrice Mia Wasikowska est plus proche d’une amazone post-apocalyptique que de la sage héroïne de Lewis Carroll. Pour peu, elle en regretterait presque son exploration poétique du Wonderland, imaginée, en 2010 par Tim Burton, dans le premier opus de ces étonnantes aventures.

À lire également

Charlie et la chocolaterie : Pourquoi l’adaptation de Tim Burton a failli ne jamais voir le jour ?

Une actrice combative

“Dans cette suite, je change radicalement d’univers et de rythme”, avoue Mia, dans un souffle, avant d’ajouter : “Mais je n’oublie pas Tim Burton. Je lui dois tout.” En effet, c’est en 2009, lors des auditions à Londres, que le réalisateur anglais repère la débutante : “Lorsque j’ai vu Mia pour la première fois, je l’ai trouvée jeune, jolie, mais avec quelque chose d’adulte, de sérieux en elle. Sa vie intérieure, sa gravité étaient perceptibles”, se souvient le cinéaste. Tant mieux, car parmi les nombreuses adaptations au cinéma de l’oeuvre de Lewis Carroll qu’il a regardées, il trouvait toutes les héroïnes accablantes de superficialité : “Je voulais une Alice un peu garçon manqué, décidée, combative, et je ne voulais surtout pas une actrice connue.” Avec Mia, il ne pouvait tomber mieux. À 19 ans, cette Australienne d’origine polonaise n’a pas eu la vie facile. Élevée à la dure école de la danse classique, elle a dû, à 8 ans, rejoindre son père en Pologne, après avoir connu le paradis australien : “J’étais encore une gamine et je me suis sentie comme Alice, perdue en territoire hostile, sans amis… “

À lire également

PHOTOS – Quand les actrices redonnent vie aux reines et princesses

Le choix de Tim Burton

Cette enfance va l’endurcir, et Mia gardera au fond des yeux une impressionnante résolution. Sur le tournage du premier opus, Tim Burton a adoré sa force de caractère. Il a enfin trouvé « son » Alice, pas si lisse, qui envoie balader les conventions, refuse d’épouser un rejeton de l’aristocratie anglaise et tient tête à la terrifiante Reine rouge (Helena Bonham Carter). Autre bon point : fille de photographe, l’actrice fut très sensible à l’univers visuel de Burton, entre influences gothiques et créatures étranges. Bref, le charme de Mia a si bien opéré que, quatre ans plus tard, lorsque les studios Disney envisagent une suite réalisée par James Bobin, elle est imposée au casting par Tim Burton, coproducteur. Une nouvelle que Mia Wasikowska, la forte tête, a accueilli d’un : “Mon Alice va rester la même, libre, insoumise, curieuse, courageuse. Et surtout moderne ! ”

Alice de l’autre côté du miroir est diffusé jeudi 5 décembre à 21h05 sur W9.

Jean-Baptiste Drouet

Source: Lire L’Article Complet