Adèle Exarchopoulos se réjouit d’aborder la comédie avec "Mandibules", le dernier film déjanté de Quentin Dupieux

Adèle Exarchopoulos, propulsée en 2013 par La Vie d’Adèle, confie son plaisir d’aborder la comédie, un terrain de jeu qu’elle juge “extrême”, dans Mandibules, le nouvel opus d’humour fantasque de Quentin Dupieux présenté à la Mostra de Venise.

“On dirait que j’ai pas envie de faire des comédies, de faire rire, mais en fait, si, si ! J’ai toujours voulu le faire !”, déclare l’actrice de 26 ans, à l’affiche de cette comédie présentée hors compétition à Venise et qui doit sortir le 2 décembre en France.

Face à David Marsais et Grégoire Ludig (le duo télé Palmashow), deux losers qui tentent de dresser une mouche géante, Adèle Exarchopoulos campe une jeune femme atteinte d’un trouble du langage qui l’empêche de s’exprimer sans crier. “Je sais que les gens pensent que je ne fais que chuchoter dans des films d’auteur, mais pour moi (la comédie) c’est la base du cinéma. C’est un terrain de jeu extrême et énorme. J’admire les acteurs qui ont de la composition, je pense que la clé c’est le travail, mais que c’est là-dedans, en vrai, qu’on s’épanouit”, explique-t-elle à l’AFP.

L’actrice veut se réinventer

“Je n’ai pas envie d’appartenir à une forme de cinéma”, ajoute celle qui a été Palme d’or et meilleur espoir féminin avec La Vie d’Adèle d’Abdellatif Kechiche: “Je ne demande que ça, de me réinventer”. Et quel meilleur moyen que de tourner avec un adepte de l’absurde comme Quentin Dupieux, capable de narrer les aventures d’un pneu (Rubber) ou de filmer Jean Dujardin en obsédé du cuir (Le Daim) ? “Je connaissais son cinéma, tant dans sa profondeur que son absurdité”, explique-t-elle.

Figure inclassable, avec aussi une carrière de musicien de la French Touch (Mr Oizo), Quentin Dupieux a tourné, à 46 ans, plusieurs films aux États-Unis, fait rire avec Éric et Ramzy ou manié l’humour noir dans Au Poste !, avec Benoît Poelvoorde.

Mandibules donne à nouveau dans le fantasque, avec sa mouche géante trouvée dans le coffre d’une voiture volée. S’ensuit un road-trip dans des paysages aux faux airs de Far West. Puis la rencontre, dans une villa de la Côte d’Azur, avec une bande de jeunes fortunés, dont India Hair, le chanteur Roméo Elvis…

“Je me suis éclatée”

Au-delà des gags et des “gimmicks”, “c’est aussi un film sur l’amitié et un film social sur les gens qu’on n’écoute pas parce qu’ils n’ont pas les codes pour parler”, souligne Adèle Exarchopoulos. “J’avais toujours fantasmé (sur le tournage) des comédies”, me disant qu’ils “ont dû tellement se marrer”, remarque l’actrice, citant des films comme Ace Ventura, avec Jim Carrey, ceux du duo Toledano-Nakache ou les séries Seinfeld et Friends.

Avec Quentin Dupieux, à “la première prise, je me disais ‘mais qu’est-ce que je fais là ! Ca va être une fin de carrière !'”, s’amuse-t-elle. “En fait, je me suis éclatée ! (…) C’était totalement dans le plaisir et en même temps énormément d’exigence.”

Camper ainsi le rôle d’une jeune femme handicapée dans une comédie, c’était “un risque énorme” pour Adèle Exarchopoulos de faire “un truc ‘too much’ ou foireux”, selon le réalisateur. “J’avais peur parce que je n’avais jamais fait quelque chose avec autant de composition physique”, confirme l’actrice. Mais “moi, j’aime quand c’est pas complaisant, quand c’est pas dans la séduction, qu’il n’y a pas de demi-mesure… Après, je comprends tout à fait qu’il y ait des gens que ça ne fasse pas rire”.

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