Pourquoi La Redoute est beaucoup plus que le catalogue de votre mamie

Depuis près de 200 ans, La Redoute rend la mode accessible aux Français de tout âge, de toute classe sociale et la livre à leur domicile. Retour sur l’histoire de la marque de mode la plus démocratique de l’Hexagone.

C’est une madeleine de Proust intergénérationnelle. Vous vous souvenez imiter votre mère en tournant les pages de vieux catalogues La Redoute, faisant des croix sur ce que vous aimeriez porter et acheter. Parfois, vous découpiez dans le catalogue pour faire des collages. Votre mère, vous dira sans doute qu’elle faisait la même chose, à cela près que votre grand-mère ne la laissait sans doute pas jouer de la sorte avec son précieux catalogue.

Le mot mode ne me plaît plus trop, je préfère parler de style.

En France, La Redoute est un incontournable, un nom qui continue à habiller les familles et aujourd’hui les appartements. Sylvette Lepers, Responsable Bureau de Style & Collaborations Créateurs pour la marque, nous explique pourquoi.

Lorsque Joseph Pollet La Redoute se lance en 1837, il s’agit d’une entreprise de filature de laine. Basée à Roubaix, elle doit son nom à l’endroit où a été monté la première usine, située entre la rue Blanchemaille et la rue de La Redoute. Rapidement, la fabrication mise au point par la famille Pollet est récompensée d’un diplôme d’honneur, mais il faudra attendre 1922, et la fin de la Première Guerre mondiale, pour que la marque se lance dans la vente à distance. 

Un trop-plein de stocks de laine à écouler, quelques annonces plus tard et la création de Pénélope, journal mensuel créé en 1925 où les clientes trouvent conseils, tarifs et concours de tricots et c’est très vite le succès. En 1928, de nouveaux vêtements et accessoires présentés sous la forme de catalogue sont lancés. La Redoute compte alors 600 000 clientes qui découvrent tous les mois seize pages concentrés uniquement sur le tricot. S’il n’y a que 16 pages à son lancement, le catalogue La Redoute en comptera 1218 en 1997. À cette époque, la société est leader français de la vente par correspondance et pionnier de ce qu’on aime voir comme “la mode démocratique”, soit proposer des vêtements tendances à tous. 

Rendre accessible à chaque femme le style à la Française.

Sylvette Lepers : “Le mot mode ne me plaît plus trop, je préfère parler de style. Que chacun se fasse son style. Je n’aime pas les diktats. C’est pour ça que je trouve intéressant ce qui se passe avec l’upcycling, l’importance de préserver sa personnalité… Même si on achète la même pièce la porter et l’accessoiriser différemment”. Un rappel qui va dans le sens du slogan de La Redoute, visible sur son site internet : “Rendre accessible à chaque femme le style à la Française”.

Aujourd’hui, La Redoute appartient au Groupe Galeries Lafayette et dispose d’un corner dans chacun de ses grands magasins français. Et si son catalogue s’est largement désépaissi, il n’est plus envoyé que par thématique, c’est son site internet qui a pris la relève. Précurseur, le site a été lancé en 1994 et, à présent, “c’est là que sont réalisées 99% des ventes”, explique Sylvette Lepers.

Chaque année, la marque est partenaire du Festival Anti_Fashion, soutient la jeune création à l’école de mode de Roubaix et est membre du jury de la HEAD – l’école de mode SuisseAlors qu’aujourd’hui la mode porte un intérêt conséquent à la jeune création, La Redoute peut se targuer d’avoir été la première entreprise à lui emboîter le pas, comme le prouve sa collaboration avec Emmanuelle Kahn en 1969. Suivront Zadig & Voltaire en 1991, Issey Miyake en 1993, Yohji Yamamoto et Karl Lagerfeld en 1994, Azzedine Alaïa et Sonia Rykiel en 1995, Yves Saint Laurent en 1996 et puis Isabel Marant, Jean-Charles de Castelbajac, Courrèges, Jean Paul Gaultier et puis récemment, en 2014, Jacquemus ou encore Vanessa Seward en 2019.

“Quand j’ai envie de commencer une histoire avec un créateur, la première des choses que je lui dis, c’est que je ne veux pas lui donner un cahier des charges. Je veux que ce soit son ADN. L’idée, c’est de ne pas trahir son empreinte. Cela étant, je ne peux pas faire un pantalon à trois jambes, j’ai une vision commerciale pré-requise. Après La Redoute a des principes. La première des conditions, c’est le prix accessible.sourit Sylvette Lepers.

Pour le printemps-été 2020, la marque va de nouveau collaborer avec Vanessa Seward, mais aussi avec Savoar Faire et Victoria/Thomas. Si vous vous rendez sur le site de la marque, vous découvrirez le travail réalisé aux côtés d’About A Worker. “Le duo donne la parole à des ouvriers du textile à travers le vêtement. À La Redoute on a un entrepôt et il y a des hommes et des femmes qui touchent du vêtement toute la journée et à qui on ne demande jamais l’avis sur le vêtement”, commence à raconter Sylvette Lepers. “J’ai organisé une rencontre entre les créatifs et 6 travailleurs La Redoute et ils ont fait une collection ensemble. Cette collection a été présentée en avant-première à Lafayette Anticipation. Elle est à présent disponible sur le site”. 

Outre la jeune création, La Redoute s’inscrit également dans une politique de mode durable. L’entreprise a fait partie des premières à signer aux côtés de Gucci, Mango, Moncler, le Fashion Pact. Un groupe de 250 marques qui s’engagent à réduire l’impact de l’industrie de la mode sur l’environnement et les océans. La marque participe également à l’initiative Go for Good lancée par les Galeries Lafayette au service d’un commerce plus responsable.

“Ce n’est pas un virage, La Redoute a toujours été très respectueuse de la nature comme le prouve ses nombreux engagements”, explique Sylvette Lepers, “…nos invendus sont remis à des associations, on est engagés auprès d’associations qui viennent en aide aux personnes en difficultés.” Et de conclure : “On s’engage concrètement, sans forcément l’exprimer avec un porte-voix. On dit ce que l’on fait et surtout on fait ce que l’on dit.”

 

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