Avec Stella Jean et Yoox, la mode prend de la hauteur

Ce samedi 21 septembre 2019, la créatrice italienne a présenté avec Yoox une collection qui met à l’honneur le savoir-faire artisanal des femmes du Chitral. Une coopération culturelle d’envergure qui dessine un autre avenir pour la mode.

C’est dans l’enceinte du Palazzo Reale, situé place du Duomo en plein coeur de Milan que s’est tenu ce week-end le défilé Stella Jean. La marque connu pour son approche multi-culturelle de la mode n’a pas failli à ses devoirs comme l’a prouvé la standing ovation qui accueillit la fin du défilé. On vous raconte.

Dans les coulisses d’une collection

Samedi, 16h. Comme à son habitude, la place du Duomo accueil son contingeant de touristes et de badauds venus admirer la cathédrale et ses alentours prestigieux à l’instar de la Galerie Emanuele II où encore le Muséo Novecento. Mais ce jour-là, à la droite du musée, une effervescence peu commune se déroule. En haut d’un escalier menant à l’une des salles du Palazzo Reale, attachés de presse et assistants se pressent de finir d’installer ce qu’il reste avant le coup d’envoi du défilé, à 17h. Pour nous, direction les backstages où les mannequins font une dernière répétition. Lorsque celle-ci se termine, Stella Jean fait son entrée suivie d’une foule de communiquants, de personnalités venues la rencontrer et saluer son travail.

Mais la créatrice italo-haïtienne, comme pour chacun de ses défilés, ne se contente pas de sourire pour les photos et de serrer des mains. Elle a une histoire à raconter et pour se faire, elle est accompagnée d’une jeune femme brune au regard frondeur dont on ne connait pas encore l’identité. La ronde des discussions continue autour des deux femmes et enfin, vient notre tour de savoir de quoi il en retourne. “Je vous présente Kharisma Ali”, commence Stella Jean en mettant la jeune femme sous le feu des projecteurs, “c’est la championne de l’équipe du football pakistanais et dans un pays islamique c’est quelque chose. Elle a du faire face à beaucoup d’épreuves pour arriver jusqu’ici. À 22 ans, non seulement elle est championne mais elle est rentrée chez elle dans son village situé à 3 000mètres d’altitude, pas loin de l’Afghanistan, où elle a créé un centre de broderie pour les femmes et l’été, entraîne les jeunes filles à jouer au football”. Une introduction qui a de quoi nous tenir en haleine.

Mission Destination

Qu’est-ce qui peut réunit une créatrice de mode et une joueuse de football ? C’est la question que beaucoup de gens qui ne connaissent pas le travail de Stella Jean sont en droit de se poser. Depuis son lancement en ///, le label éponyme est le réflet de l’identité de sa créatrice. Une réflexion sur le multi-culturalisme qui lui vient de ses origines créoles et de son métissage. Celle à qui la société à trop souvent demandé si elle était noire ou blanche, étrangère ou italienne, a trouvé à travers la mode sa réponse. Aucun besoin de choisir, l’être humain est multiple et c’est cette vision de la vie qu’on retrouve dans sa mode. Chez Stella Jean, pas besoin de s’interroger sur les besoins de représentation ou de diversité. La coopération culturelle est aux origines de son label.

“L’histoire nous enseigne combien, souvent, derrière un tissu identifié comme le drapeau d’un continent, une domination commerciale et culturelle peut durer des décennies, comme l’ont souligné avec beaucoup de sensibilité John Arthos et Koyo Kouoh”, lit-on sur le site internet. Et pour contrer cet impérialisme, la créatrice a lancé ses “Mission Destination” qui consacre une collaboration par saison avec des ateliers et artisans issues de cultures différentes. Cette-fois, c’est donc le Pakistan qui a eu les faveurs de la créatrice.

Dans les hauteurs du Chitral

Pour cette nouvelle “Mission Destination”

Une capsule sustainable pour célébrer les 10 ans de Yoox





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