Variant bordelais : ce que l'on sait sur cette mutation du variant anglais de la Covid-19

Britannique, sud-africain, indien… Les variants du coronavirus se multiplient à travers le monde. Une nouvelle mutation repérée en France préoccupe les autoritaires sanitaires. Cette cousine du variant britannique a été surnommée “variant bordelais”. Le point sur ce que l’on sait.

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Depuis plusieurs mois, les mutations du Sars-CoV-2 sont particulièrement surveillées, car leur contagiosité, leur potentielle dangerosité ainsi que leur impact sur la vaccination inquiètent. Après le variant britannique, sud-africain, brésilien ou encore indien, c’est au tour d’une nouvelle mutation de faire parler d’elle : le variant 20I/484K, surnommé “variant bordelais”.

Variant de la Covid-19 : un cluster identifié à Bordeaux

S’il a hérité de cette appellation, c’est parce qu’il est à l’origine d’un cluster à Bordeaux. C’est le quartier Port-Maritime Bacalan de la ville qui a été touché par ce variant. Le 8 mai dernier, “deux chaînes de contamination ont été identifiées, avec deux patients zéro à l’origine. Ces chaînes sont passées par des fêtes d’anniversaire, des réunions de parents d’élèves et des collègues de travail. Mais on n’a pas identifié un événement en particulier”, indique à 20 minutes Benoît Elleboode, directeur régional de l’Agence régionale de santé (ARS) Nouvelle-Aquitaine. Cette mutation s’est ensuite propagée au sein de l’école primaire Charles-Martin, pour finalement contaminer pas moins de 60 habitants du quartier.

20I/484K : il se rapproche du variant britannique, avec une mutation

Le variant bordelais est classé comme “VOC” par Santé publique France. Cet acronyme signifiant (“variant of concern” en anglais, autrement dit “variant préoccupant” est utilisé pour parler des variants pouvant entraîner une augmentation de la transmissibilité, de la gravité ou encore une diminution de l’efficacité des mesures de contrôle et de prévention mises en place.

L’agence de santé française explique que le variant bordelais “se rapproche génétiquement du VOC 20I/501Y.V1 (le variant britannique, ndlr)”, mais qu’il a acquis une mutation supplémentaire. Ainsi, ce variant “laisse préjuger d’un aspect plus contaminant du virus, même si on n’en a pas encore la démonstration”, explique Benoît Elleboode.

Ce n’est pas la première fois que cette mutation est identifiée dans l’Hexagone. Dans un point de surveillance épidémiologique en région Bretagne datant du 20 avril, Santé publique France évoque “un cluster signalé à Brest en lien avec le variant 20I/484K, variant circulant depuis peu sur le territoire national”. D’autres enquêtes flash de l’agence de santé française révèlent que cette mutation a également été signalée en Ile-de-France, dans les Pays de la Loire ou encore en Normandie.

Variant bordelais : une opération de dépistage et de vaccination à Bordeaux

Si ce variant doit être surveillé, “un certain nombre d’indicateurs nous rassurent puisqu’aucune des personnes positives n’a fait de forme grave, précise néanmoins à 20 minutes Benoît Elleboode.

Pour faire face au variant bordelais et limiter les risques de contamination, une vaste opération de dépistage a été mise en place vendredi dernier : 900 tests PCR ont ainsi été réalisés. Un centre de vaccination dédié à ce variant va également ouvrir ses portes dans le quartier Bacalan et pas moins de 19.000 doses supplémentaires vont être acheminées dans ce secteur dans les semaines à venir.

Ainsi, “tous les habitants majeurs de ce quartier, où la couverture vaccinale au 25 mai 2021 est de 34 % en population générale, sont désormais invités à se faire vacciner”, peut-on lire dans un communiqué de l’ARS Nouvelle-Aquitaine.

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