Transmission de la Covid-19 dans l’air : la nécessité du port masque prouvée par ce trajet de bus

Sur les 63 passagers d’un bus accueillant une personne infectée sans le savoir par la Covid-19, 23 ont été contaminés. Pourtant, nombre d’entre eux étaient installés à une distance de plus d’un mètre. Une expérience qui prouve que la contamination par l’air est possible, selon des chercheurs chinois.

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Le coronavirus peut-il se transmettre par l’air ? C’est ce qu’on tenté de démontrer des chercheurs chinois dans une étude parue dans la revue Jama Internal Medicine. Pour y parvenir, ils se sont intéressés à un événement en particulier : un trajet de bus qui s’est déroulé fin janvier en Chine, dans la province du Zhejiang.

Covid-19 : 23 des 68 passagers du bus ont été contaminés

Tout a commencé lorsqu’un individu, qui avait dîné à la même table que 10 personnes venant de la province de Wuhan, où l’épidémie de Covid-19 à commencé, est monté dans un bus en direction de la ville de Ningbo, dans l’est de la Chine. Sans le savoir, il était infecté par le coronavirus, mais était encore asymptomatique. Pour arriver à destination puis revenir, les 68 passagers ont fait près de deux heures de route. A ce moment-là, l’épidémie de Covid-19 n’en était qu’a ses débuts, et aucun d’entre eux ne portait de masque.

A la suite de ce trajet, des experts des Centres chinois de prévention et de contrôle des maladies ont retrouvé les passagers du bus, qui se sont soumis à des tests de dépistage de la Covid-19. Résultat : sur les 68 passagers, 23 ont été contaminés.

Fait surprenant : les personnes situées à proximité du “patient zéro”, qui était assis au milieu du bus, n’ont pas été les seules à être contaminées. Des passagers installés à l’avant et à l’arrière du véhicule ont également été infectés à l’issue de ce trajet. Certains étaient donc assis jusqu’à sept rangées plus loin que le passager infecté.

La preuve qu’une contamination par l’air est possible

Pour les chercheurs, cela signifie que le coronavirus ne se transmet pas uniquement pas les gouttelettes de salive émise lorsque l’on tousse, que l’on éternue ou que l’on parle, mais qu’une transmission par l’air est bel et bien possible. Les auteurs de l’étude précisent que la climatisation du bus a favorisé la contamination. Et pour cause : elle faisait simplement recirculer l’air à l’intérieur de l’habitacle.

Pour les chercheurs, ce trajet en bus constitue donc la preuve qu’une contamination par l’air est possible. “Les enquêtes suggèrent que, dans des environnements fermés avec recirculation de l’air, le Sars-CoV-2 est un agent pathogène hautement transmissible (…) Notre découverte d’une transmission aérienne potentielle a une importance importante pour la santé publique”, ont-ils expliqué.

Des conclusions qui prouvent, s’il le fallait, l’intérêt du port du masque. “Si tout le monde dans le même espace en porte un, la probabilité d’être infecté diminue par quatre (…) C’est vraiment un geste de prudence qui s’impose car certains indices laissent à penser que le Covid-19 aurait un pouvoir infectieux aérien à peu près comparable à celui du virus de la grippe”, ajoute Francis Allard, spécialiste des flux d’air et membre du Haut conseil de la santé publique (HCSP), dans Le Parisien.

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