Phénylcétonurie : quelle est cette maladie génétique qui peut entraîner un retard mental chez les enfants ?

La phénylcétonurie est une maladie génétique qui affecte le métabolisme. En l’absence de traitement, cette affection peut provoquer des troubles neurologiques et un retard mental. Quelles sont les causes de cette pathologie ? Comment la détecter et la soigner ? On fait le point.

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Syndrome d’Angelman, maladie de Lafora, hémochromatose, progéria… Il existe plusieurs maladies génétiques. Parmi elles, on retrouve également la phénylcétonurie. Cette affection doit son nom à des substances particulières, appelées les phénylcétones, qui étaient retrouvées dans les urines des malades lorsqu’ils n’étaient pas traités. Bien que la prévalence de la phénylcétonurie varie en fonction des régions du monde, cette maladie toucherait aussi bien les garçons que les filles. Environ 50 nourrissons seraient concernés par cette pathologie en France, soit une prévalence à la naissance d’environ un nouveau-né sur 17.000, selon l’Orphanet.

Qu’est-ce que la phénylcétonurie ?

La phénylcétonurie est une maladie génétique héréditaire. Elle est liée à un déficit en phénylalanine hydroxylase (PHA). Cette enzyme présente dans les protéines alimentaires et les protéines de l’organisme transforme la phénylalanine, un acide animé, en un autre acide aminé, la tyrosine. Lorsque les enfants sont incapables d’assimiler cette enzyme, la transformation de l’acide animé n’est pas possible. Dans ce cas, la phénylalanine s’accumule dans le sang et on parle d’hyperphénylalaninémie. Cet excès de phénylalanine dans le sang peut devenir toxique pour le cerveau car elle empêche son bon développement et peut causer des troubles cognitifs.

Phénylcétonurie : quelles sont les causes ?

“Cette maladie résulte de mutations du gène de la phénylalanine hydroxylase (PAH), situé sur le chromosome 12, qui assure la conversion de la phénylalanine en tyrosine”, indique la Haute Autorité de Santé (HAS). La phénylananine est un acide aminé. Les acides aminés sont des molécules qui entrent dans la composition des protéines. Ils sont essentiels au bon fonctionnement de l’organisme et, plus précisément, des cellules. Certaines de ces molécules proviennent de l’alimentation. Elles sont appelées les “acides animés essentiels”.

D’autres acides animés sont produits par l’organisme, tels que la tyrosine, qui est fabriquée à partir de la phénylalanine dans le foie. Pour l’obtenir, l’intervention d’une enzyme, nommée “phénylalanine-4-hydroxylase ou PHA”, et d’une substance appelée “tétrahydrobioptérine” sont nécessaires. Chez un patient souffrant de phénylcétonurie, le gène PAH est ainsi anormal. Cela conduit à une production insuffisante ou à un dysfonctionnement de l’enzyme. Sans l’enzyme phénylalanine-4-hydroxylase ou PHA, la phénylalanine ne peut plus être transformée en tyrosine.

“Grâce à d’autres enzymes, une partie de la phénylalanine provenant de l’alimentation est transformée en d’autres produits, comme les phénylcétones, qui seront éliminées dans les urines, mais ce système est insuffisant pour empêcher l’accumulation de phénylalanine. Elle devient toxique pour l’organisme, principalement pour le cerveau”, précise l’Orphanet.

La phénylalanine peut être provoquée par plusieurs anomalies ou mutations du gène PAH, qui entraînent une insuffisance variable de l’enzyme phénylalanine-4-hydroxylase ou PHA. Cela explique les différentes formes de la pathologie.

Quels sont les symptômes de la phénylcétonurie ?

Bien que la plupart des enfants atteints de phénylcétonurie ne présentent aucun symptômes, certains troubles peuvent se développer au fil du temps et à mesure que la phénylalanine s’accumule dans le sang. Les signes qui doivent alerter sont :

  • Une irritabilité
  • Une hyperactivité
  • Une agressivité
  • Un retard des acquisitions
  • Des troubles de la mémoire
  • Des troubles de l’attention
  • Des tremblements
  • Des crises d’épilepsie
  • L’eczéma
  • Une odeur de “paille mouillée” ou de “souris”, qui se dégage des urines ou de la sueur

Phénylcétonurie : comment la diagnostiquer ?

La phénylcétonurie est détectée systématiquement à la naissance lors d’un test de dépistage néonatal, appelé le test de Guthrie. Ce dépistage de routine consiste à identifier rapidement les nourrissons atteints de la maladie afin de les traiter au plus tôt. Pour cela, les médecins dosent la phénylalanine dans leur sang. Lorsque l’excès de phénylalanine dans le sang est confirmé, il est nécessaire de réaliser le “test de charge en BH4”. Cet examen permet d’identifier les bébés qui pourront être soignés à l’aide de médicaments.

Comment traiter la phénylcétonurie ?

Le traitement de la phénylcétonurie repose sur un régime alimentaire. Pour éviter le retard mental, il est essentiel de réduire la phénylalanine dans le sang dès les premières semaines de vie. Pour cela, il convient de limiter les aliments les plus riches en protéines, tels que les viandes, les poissons, les charcuteries, les œufs, les produits laitiers mais également certaines céréales et certains fruits et légumes.

“Après l’âge de 10 ou 11 ans, les apports en phénylalanine peuvent être augmentés mais sans que la phénylalaninémie ne dépasse un taux sanguin de 15 mg/dl. En fonction de sa tolérance, l’enfant pourra le plus souvent manger des fruits et des légumes en quantité libre. Ce contrôle métabolique est maintenu au moins jusqu’à la fin de l’adolescence et parfois encore chez les jeunes adultes”, détaille l’Orphanet.

Autre traitement possible : le dichlorohydrate de saproptérine. Ce médicament est efficace chez un petit nombre de patients et leur permet de suivre un régime pauvre en phénylalanine moins strict et parfois même avoir une alimentation normale.

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