Perturbateurs endocriniens : moins on en croise, mieux on se porte !

Les produits chimiques, que nous respirons, touchons, appliquons… chaque jour peuvent interférer avec nos hormones.

Restez informée

Entre les parabens dans notre crème de jour, le triclosan dans notre dentifrice, les phtalates dans le rideau de douche ou encore le mercure dans les poissons, ces substances chimiques et d’autres, aux noms plus ou moins mystérieux, occupent une large place dans notre quotidien. Elles ont pour point commun d’altérer le fonctionnement endocrinien en prenant la place de certaines hormones sur leurs récepteurs ou en mimant leur action. De quoi dérégler les réactions en chaîne du système hormonal. L’effet des perturbateurs endocriniens est plus problématique lors de la grossesse et chez les jeunes enfants dont le système hormonal est en plein développement, mais il a tout de même une incidence une fois passées ces périodes délicates.

Actifs sur tous les fronts

« Après la ménopause, les femmes doivent éviter au maximum tous ceux qui imitent l’œstrogène : parabens, phtalates, bisphénols… Comme ces molécules chimiques ressemblent aux œstrogènes naturels, elles peuvent agir sur les récepteurs des œstrogènes et théoriquement favoriser les cancers hormono-dépendants en stimulant les seins, l’utérus… », indique la Dre Odile Bagot, auteure d’un livre sur le sujet. D’autres, comme les retardateurs de flamme ou les composés perfluorés, viennent concurrencer l’iode au niveau de la thyroïde : on les suspecte de déclencher certaines hypothyroïdies et d’avoir un impact sur notre énergie ou bien notre corpulence… Les perturbateurs endocriniens interfèrent aussi avec les hormones de la satiété et pourraient donc jouer sur notre poids. Une étude a ainsi montré que la présence de phtalates est corrélée avec la masse graisseuse intra-abdominale chez les femmes ménopausées. Enfin, leur responsabilité dans l’explosion du diabète de type 2 est établie, puisqu’ils sont susceptibles de perturber le métabolisme des sucres.

Présents presque partout…

Aux premiers rangs des fournisseurs de perturbateurs endocriniens figurent les emballages et contenants alimentaires, les cosmétiques, les objets en plastique, les mobiliers et textiles, mais aussi l’alimentation : fruits, légumes et céréales exposés aux pesticides, produits animaux contaminés par les polychlorobiphényles (PCB) ou les métaux lourds… Individuellement, les quantités son souvent infimes, mais la Dre Bagot rappelle que « l’effet dans l’organisme n’est pas forcément dépendant de la dose et que, cumulés les uns aux autres, ils pourraient aussi interagir dans un effet “cocktail”. » D’un genre que l’on n’a pas vraiment envie de siroter ! Par conséquent, un peu de ménage s’impose pour réduire notre exposition globale, surtout dans les lieux du quotidien où l’on passe beaucoup de temps.

Dre Odile Bagot, gynécologue, auteure du livre “Perturbateurs endocriniens, la guerre est déclarée !” (éd. Mango).

A lire aussi :

⋙ Mode écolo : notre guide pour s’y mettre

⋙ Perturbateurs endocriniens : pourquoi sont-ils si néfastes pour nos hormones ?

⋙ Au jardin, comment avoir la main verte… et écolo !

Source: Lire L’Article Complet