Ménopause : les traitements hormonaux augmentent le risque de cancer du sein
Une nouvelle étude confirme que la prise d’un traitement hormonal destiné à contrer les troubles associés à la ménopause serait associée à un risque de développement d’un cancer du sein.
Ce qui n’était jusqu’alors qu’une hypothèse est aujourd’hui une certitude : il existe bien un lien entre la prise d’une traitement hormonal et le risque de développement d’un cancer du sein chez les femmes ménopausées. C’est ce que démontre une équipe de chercheurs britanniques dans une nouvelle étude publiée le 29 août 2019 dans la revue scientifique The Lancet.
Leurs résultats mettent en évidence une augmentation du risque lors d’une prise long terme de la plupart des types de THM (des traitements hormonaux pour lutter contre les désagréments de la ménopause comme les bouffées de chaleur, troubles du sommeil ou la sécheresse vaginale), et ce, même des années après leur arrêt.
Tous les traitements par voie orale incriminés
Les scientifiques ont ré-analysé 58 études épidémiologiques déjà disponibles sur le sujet et étudié plus de 100 00 femmes ménopausées ayant développé un cancer du sein. 51% d’entre elles avaient bénéficié d’un traitement hormonal. D’après leurs résultats, une femme de cinquante ans sous THS en continu (oestrogènes et progestérone combiné) depuis cinq ans a 8,3% de probabilité de développer un cancer du sein dans les vingt ans suivant le début du traitement -contre 6,3% pour les femmes du même âge sans aucun traitement. Pour celles ayant suivi un traitement de même durée avec œstrogènes et progestérone par intermittence, la probabilité s’abaisse à 7,7%. Elle passe à 6,8% avec des œstrogènes seuls.
Selon eux, tous les traitements hormonaux sont associés à un risque accru, à l’exception des gels aux œstrogènes.
Un risque 2 fois plus élevé après 10 ans de traitement
Plus la prise est prolongée, plus le risque augmente. Ainsi, « l’utilisation d’un THM pendant dix ans entraîne un excès de risque de cancer du sein environ deux fois plus élevé que celui associé avec un traitement de cinq ans », précise Gillian Reeves, professeur d’épidémiologie statistique à l’unité d’épidémiologie du cancer de l’université d’Oxford et co-auteure de l’étude. En revanche, l’utilisation d’un THM pendant moins d’un an entraîne peu de risque.
Quoi qu’il en soit, la prescription d’un traitement hormonal doit se faire au cas par cas et après discussions avec son médecin. Son choix se fait selon les symptômes, les antécédents médicaux et familiaux de chacune.
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