La transplantation fécale, une technique prometteuse contre la maladie de Crohn ?

Cette greffe pourrait améliorer l’état des malades, en restaurant leur flore intestinale avec de bonnes bactéries. On vous explique.

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La transplantation fécale consiste à transférer des selles d’un donneur sain à un patient malade. Les scientifiques misent beaucoup sur ce procédé récent. Certains pays ont d’ailleurs déjà mis en place des banques pour récolter les selles de personnes en bonne santé.

La méthode, peu ragoûtante mais efficace, est simple : elle consiste à introduire dans l’estomac du malade les excréments d’un donneur sain, via une sonde naso-gastrique (qui passe par le nez pour atteindre l’estomac) ou une coloscopie. En rétablissant le microbiote des malades avec de “bonnes bactéries”, elle permet aujourd’hui de traiter les patients atteints d’infections récidivantes dues à une bactérie, Clostridium difficile, qui résiste à tous les antibiotiques. Mais ce n’est pas tout.

La transplantation fécale serait aussi une technique prometteuse contre la maladie de Crohn et la rectocolite hémorragique. Ces inflammations de l’appareil digestif provoquent des douleurs abdominales, des diarrhées et une fatigue intense. Si les études sur le sujet sont encore récentes, l’espoir est de mise, comme en témoignent les derniers résultats de chercheurs français de l’université de la Sorbonne et de l’Inserm. Ils ont constitué un groupe de 17 patients atteints de la maladie de Crohn. Huit ont subi une transplantation de microbiote, les neuf autres une fausse intervention chirurgicale (groupe témoin). Si la greffe n’a pas permis de guérir totalement les patients, les chercheurs ont montré qu’elle a contribué au maintien de la rémission, le tout sans aucun effet secondaire. Le Pr Sokol, responsable de l’essai, indique à nos confrères de Futura Sciences débuter une étude de phase 3, qui englobera cette fois plus d’une centaine de nouveaux patients atteints de rectocolite hémorragique ou de la maladie de Crohn. Objectif : mieux comprendre pourquoi certaines catégories de bactéries ont un effet positif sur la maladie alors que d’autres sont au contraire délétères… Notre microbiote n’a pas encore montré tout ce qu’il a dans le ventre.

* publiés dans les revues Microbiome, et Gastroenterology.

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