La Samaritaine : l'histoire du grand magasin parisien qui rouvre ses portes le 23 juin

Fermée depuis 2005 pour raisons de sécurité, La Samaritaine va enfin rouvrir ses portes le 23 juin, après d’impressionnants travaux. Ce grand magasin parisien mythique aurait dû accueillir à nouveau ses clients en 2020, pour ses 150 ans, mais la pandémie en a décidé autrement. Retour sur l’histoire de cet établissement emblématique de la rue de Rivoli.

L’histoire de La Samaritaine située dans le Ier arrondissement parisien remonte à la deuxième moitié du XIXe siècle : en 1870, un ancien vendeur de tissus, Ernest Cognacq, décide de monter un commerce rue du Pont-Neuf, où il sera bientôt rejoint par son épouse, Marie-Louise Jay, auparavant première vendeuse du rayon des confections au magasin Le Bon Marché.

Outre une localisation idéale, entre le Louvre et Notre-Dame-de-Paris, le succès de leur affaire tient à des concepts novateurs. Parmi eux, le fait que les produits ont un prix unique et affiché, ainsi que la possibilité de pouvoir essayer les vêtements. Les produits sont également organisés en rayons, de façon très moderne pour l’époque.

Pourquoi le magasin s’appelle ” La Samaritaine” ?

Le nom de l’enseigne vient d’une pompe à eau remontant au règne de Henri IV (1603). Présente sur le Pont Neuf, elle permettait d’approvisionner le quartier du Louvre. Elle est décorée d’une représentation d’une scène biblique racontée dans l’Evangile selon Saint Jean : la rencontre entre Jésus et la Samaritaine au puits de Jacob.

Si la pompe et sa statue ont été plusieurs fois reconstruites et restaurées, elles ont finalement été démolies en 1813 pour être remplacées par des bains publics flottants.

De la petite échoppe au plus grand magasin parisien

Tout commence en 1870, quand le commerçant ambulant Ernest Cognacq, surnommé “le Napoléon du déballage”, se met à vendre des tissus sur le Pont Neuf, à l’abri d’un parapluie. “Il baptise sa boutique “La Samaritaine” et dépasse un million de francs de chiffres d’affaires en 1875″, précise le communiqué du grand magasin parisien.

Il s’installe ensuite à deux pas de là, dans une petite salle de moins de 50 mètres carrés, rue de la Monnaie. Ce local de base ne va cesser de grandir au fil des rachats des immeubles contigus : en 1874, le commerce des époux Cognacq-Jay prospère sur des centaines de mètres carrés.

Le magasin n’a ensuite de cesse de s’élargir au rythme de l’acquisition progressive des parcelles par Ernest Cognacq avec la construction d’un second bâtiment terminée en 1910, puis l’aménagement d’un troisième puis quatrième bâtiment au début des années trente. La Samaritaine occupe alors 4 magasins, qui s’étendent entre le quai du Louvre et la rue de Rivoli. Avec une surface approchant les 50 000 mètres carrés, la Samaritaine est le plus grand magasin parisien, devant (mais de peu) le Printemps et les Galeries Lafayette.

La structure de l’époque n’a pas connu d’évolutions jusqu’au XXIe siècle. Seuls certains travaux ont été effectués pour remettre les magasins au goût du jour. Une partie des éléments de la Samaritaine est inscrite aux Monuments Historiques.

Edifice Art Nouveau et Art Déco

Comme la fondation de Rome, La Samaritaine ne s’est pas faite en un jour. C’est notamment l’architecte Frantz Jourdain qui fut chargé d’imaginer la conception et la construction du bâtiment qui durera une cinquantaine d’années.

Frantz Jourdain souhaite inscrire le lieu dans son temps, et va notamment user de charpente métallique en acier, qu’il va marier avec une vaste verrière, afin de faire entrer la lumière. Influencé par l’Art Nouveau, il habille la façade d’enseignes en mosaïques et l’orne de frises représentants des motifs floraux, dans des tons jaune et vert. Une association novatrice qui participe à la superbe de ce monument historique.

En 1926, l’architecte fait appel à son ami et collègue Henri Sauvage, qui va insuffler l’esprit Art Déco dans ce joyau du commerce parisien avec la construction de derniers étages en gradins sur la Seine

La réouverture de La Samaritaine prévue le 23 juin

Après une ascension fulgurante durant près d’un siècle avec plus d’un milliard de francs de chiffre d’affaire en 1925, le déclin de La Samaritaine s’amorce dans les années 1970.

En 2001, LVMH devient l’actionnaire majoritaire de La Samaritaine avant d’en faire l’acquisition totale en 2010. Le groupe tente de redonner une seconde jeunesse à l’endroit, malgré de nombreuses péripéties. En raison de la vétusté des bâtiments, le monument du commerce parisien ferme ses portes en 2005.

Le chantier colossal pour rénover le grand magasin débute au milieu des années 2010. Après son ouverture, prévue le 23 juin, La Samaritaine 2.0 réunira désormais sous sa verrière un grand magasin, un hôtel cinq étoiles de 72 chambres, des bureaux, des logements sociaux, ainsi qu’une crèche. Le coût total des rénovations s’élève à 750 millions d’euros. Le magasin s’étend aujourd’hui sur 20 000 mètres carrés, contre 30 000 au moment de sa fermeture.

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