"Je ne savais pas" : Anne Sinclair revient dans un livre sur l’affaire DSK

Les mémoires d’Anne Sinclair, Passé composé (Éditions Grasset), sortiront mercredi 2 juin en librairie. En attendant, la journaliste fait le tour des médias pour évoquer pour la toute première fois l’affaire DSK, qui a bouleversé sa vie en 2011. Elle partageait alors sa vie depuis 1988.

Dix ans après l’affaire du Sofitel de New York, l’ancienne présentatrice de 7 sur 7 (TF1) a accepté de parler, notamment dans Sept à Huit et au micro de France Inter. 

“On ne quitte pas un homme à terre”

Elle a toujours dit qu’elle n’écrirait jamais ses mémoires. Et pourtant, Passé composé raconte “[son] expérience professionnelle” et “le portrait de la femme qu'[elle est]’, souligne Anne Sinclair au Parisien

Pour la première fois depuis dix ans, elle sort de sa réserve pour revenir sur l’affaire Dominique Strauss-Kahn, dans le treizième chapitre de son livre, nommé “Le chapitre impossible”. “Je n’ai pas voulu raconter des faits, des échanges, j’ai voulu raconté l’ébranlement que ça a produit sur moi”, souligne-t-elle sur TF1.

Dès l’arrestation de son ex-mari, alors directeur du FMI, Anne Sinclair s’est rendue à New York. Pendant des semaines, elle a fait la Une des journaux du monde entier et a fait face, droite, aux caméras. “Quand vous êtes au milieu d’une bataille, ou bien vous détalez comme un lapin, ou bien vous faites face. Cela dépend des tempéraments. Moi j’ai essayé de tenir”, explique la journaliste. 

Pour justifier sa présence aux côtés de l’homme alors accusé de viol par Nafissatou Diallo, elle brandit : “On ne quitte pas un homme à terre”. “C’est difficile d’être dans une histoire avec des faits qui ne sont pas de mon fait. J’étais dans une situation de solidarité, parce que c’est ce que j’avais choisi d’être à ce moment-là”, appuie Anne Sinclair?

J’étais dans une situation de solidarité, parce que c’est ce que j’avais choisi d’être à ce moment-là.

Le déni et l’emprise affective 

Abasourdie lorsque l’affaire éclate, elle confesse qu’elle ne se doutait pas des moeurs de son ex-époux : “Je ne savais rien. Ça doit s’appeler le déni. J’ai évidemment refusé de voir, mais avec toute la bonne foi du monde. Je sais que ça peut me faire passer pour une sombre idiote, mais c’est la réalité.”

Elle confirme sa position de l’époque au micro de France Inter : “Quand on est dans la bagarre, sous les bombardements, on court, on court, et on regarde après.”

Je ne savais rien. Ça doit s’appeler le déni.

Interrogée sur l’emprise qu’elle évoque dans ses mémoires par Léa Salamé, sur France Inter, Anne Sinclair préfère parler “d’emprise affective” et s’explique : “L’emprise est un trait de caractère que j’ai développé avec ma mère qui était d’être difficilement en désaccord avec des gens que j’aime. Quand je décris l’emprise, ce n’est pas une emprise sur mon esprit ou ma façon d’être à ce moment-là, c’était un trait de caractère et je l’élargis.”

Le couple se sépare finalement en 2012, après l’abandon des charges contre son mari. “Je crois qu’on part quand on en peut plus, quand on se dit qu’on va sombrer. A un moment donné on s’en va, parce qu’on ne tient plus. Je suis partie doucement, sans faire de bruit, parce que c’était pas la peine d’en rajouter”, énonce-t-elle sur France Inter.

Elle se refuse à toute autre confession que celles livrées dans mémoires. Alors que Léa Salamé demande si elle a pardonné à Dominique Strauss-Kahn, la fondatrice du Huff Post est claire : “Ça me concerne. C’est des sentiments qu’on ne partage pas à un micro. Le temps a fait son travail.”

Au détour de plusieurs explications, l’ex-animatrice de de 7 sur 7 révèle dans Sept à Huit, qu’elle n’a “jamais eu une envie dévorante d’aller à l’Elysée”, alors que Dominique Strauss-Kahn était pressenti pour être le candidat du Parti socialiste à l’élection présidentielle de 2012 et se plaçait en tête des sondages. 

L’amour retrouvé avec Pierre Nora 

La journaliste partage depuis plusieurs années la vie de l’historien Pierre Nora, de dix-sept ans son aîné. “Il m’a redonné de la joie de vivre. Il a été très important. Lui aussi avait perdu une compagne avec laquelle il vivait depuis très longtemps. Il y a eu de l’élan vital, de l’élan amoureux, et ça je trouve que c’est miraculeux à mon âge”, confie-t-elle dans Sept à Huit.

Elle poursuit sur France Inter, ce 31 mai : “Il s’est passé autre chose que de la consolation de deux être un peu fracturés. Ça partie des miracles de la vie.”

À 72 ans, elle s’affiche fière des dix dernières années : “J’ai créé le Huffington Post avec une équipe extraordinaire et qui m’a donné beaucoup de joie, j’ai écrit des livres. J’ai été très aidée par l’amour de mes enfants, de mes petits-enfants, de mes beaux-enfants que je vois toujours (les enfants de Dominique Strauss-Kahn, ndlr) et de mon compagnon qui a été puissamment à mes côtés, si généreux et merveilleux.”

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