Economie circulaire : et si on réparait au lieu de jeter ?

Promulguée en 2020, la loi anti-gaspillage pour une économie circulaire oblige les acteurs de la distribution à encourager la durabilité, la réparation et le recyclage. Tout un programme.

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Très attendu par les associations de consommateurs et environnementales, et utile pour guider l’achat, l’indice de réparabilité des produits électriques et électroniques est entré en vigueur le 1er janvier dernier. Il s’affiche en principe sur les nouveaux smartphones, ordinateurs portables, téléviseurs, lave-linge à chargement frontal et tondeuses à gazon électriques (sur batterie, filaires ou robots) et sera progressivement étendu aux autres appareils électriques, électroniques et numériques.

L’indice de réparabilité attribue aux produits une note de 1 à 10, symbolisée par le dessin d’une clé plate sur un fond coloré du vert au rouge. Un code couleur qui évoque l’étiquette énergie, déjà bien ancrée dans nos habitudes d’achat. Cet indice doit absolument être visible et lisible sur les emballages. La loi précise aussi qu’il doit figurer sur l’étiquette en caractères au moins aussi grands que ceux du prix.

Un indice, cinq critères

Tous les produits concernés par l’indice de réparabilité sont notés par les fabricants eux-mêmes, selon la grille d’évaluation élaborée par l’Agence de la transition écologique (Ademe), sur la base de quatre critères communs : la qualité de la notice d’utilisation, la facilité de démontage de l’appareil, la disponibilité des pièces détachées, ainsi que le rapport entre le prix de la pièce la plus chère et celui du produit. A cela s’ajoute un cinquième critère, propre à chaque catégorie d’appareils. Par exemple, le suivi et la facilité des mises à jour pour les smartphones et les ordinateurs, ou encore la compatibilité des batteries génériques pour les tondeuses à gazon sans fil.

A savoir. Dès le 1er janvier 2022, les services de la Répression des fraudes (DGCCRF) contrôleront les informations données par les fabricants.

D’autres labels fiables

Certaines grandes enseignes n’ont pas attendu la loi pour mettre en place leurs propres labels. C’est notamment le cas de Fnac-Darty et sa mention « le choix durable ». Elle distingue les produits aux taux de panne les plus faibles et dont les pièces détachées sont disponibles pendant au moins dix ans. Une initiative qui a déjà poussé des fabricants à allonger la durée de disponibilité de leurs pièces dans l’espoir d’obtenir la mention du distributeur. Le site spécialisé Magarantie5ans.fr a lui aussi lancé son propre indice de durabilité, élaboré pour partie sur les enquêtes de fiabilité de l’UFC-Que Choisir. Il ne vend désormais que des appareils ayant obtenu une note de fiabilité supérieure à 80%.

Autoréparation, un choix écoresponsable

Nos appareils électroménagers sont remplacés dans 40 à 51% des cas, alors qu’ils sont encore en état de fonctionner ou réparables, selon une étude Sofres pour le Groupement des marques d’appareils pour la maison (Gifam). Car, si la réparation coûte plus de 30% du prix de l’appareil, la grande majorité des consommateurs préfère le remplacer. Et pourtant, selon le site spécialisé dans les pièces détachées Spareka, 40% du gros électroménager déposé en déchetterie sont réparables et réutilisables pour moins de 40€…

A savoir. Trois solutions s’offrent à vous. Faire appel à des spécialistes de la réparation (Murfy.fr, Sos-accessoire.com…), trouver un « repair café » près de chez vous (Repaircafe.org/fr) ou apprendre à réparer vous-même. C’est possible dans un grand nombre de cas.

Conseils, tutos, forums d’entraide, liens et adresses utiles sont disponibles sur le site lancé par l’Ademe, Longuevieauxobjets.gouv.fr, mais aussi sur Produitsdurables.fr ou Commentreparer.com, deux sites lancés par l’association Halte à l’obsolescence programmée (HOP, Halteobsolescence.org). De quoi se lancer dans le bricolage !

Disponibilité des pièces détachées

La loi impose aux fabricants de lave-linge, sèche-linge et lave-vaisselle d’assurer la disponibilité des pièces détachées pendant au moins 10 ans. Ce délai est ramené à 7 ans pour les appareils de réfrigération. Ces pièces doivent être livrées dans un délai de trois semaines maximum. De plus, sur les nouveaux appareils, le démontage et remontage des pièces détachées doit pouvoir se faire avec un outillage standard – et non du matériel spécifique propre à la marque… bien souvent introuvable.

Des appareils plus durables

Fini, l’obsolescence programmée ! La loi anti-gaspillage pour l’économie circulaire a prévu d’intégrer d’ici 2024 de nouveaux critères, prenant notamment en compte la robustesse de conception des produits et l’évaluation de leur fiabilité à l’usage, afin de donner au consommateur une information plus complète, sous forme d’un indice de durabilité. En mars dernier, des députés ont proposé d’avancer au 1er janvier 2022 la mise œuvre de cette nouvelle marque de qualité et d’interdire les produits les plus mal notés. Ils n’ont malheureusement pas été entendus.

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