Covid-19 : la rentrée scolaire peut-elle favoriser un rebond épidémique ?

  • 20% des personnes testées positives ont entre 0 et 17 ans
  • Une rentrée sous le feu des critiques
  • De nouveaux protocoles sanitaires dans les établissements scolaires

Même si le nombre de contaminations semble décroitre légèrement depuis quelques jours en métropole, celles-ci – notamment parmi les plus jeunes – restent élevées.

Alors comment va se dérouler cette nouvelle rentrée scolaire ? Risque-t-elle de provoquer une nouvelle vague épidémique ? Certains médecins, enseignants et parents d’élèves s’en inquiètent. 

20% des personnes testées positives ont entre 0 et 17 ans

Lors de cette quatrième vague épidémique, les plus jeunes ont été davantage touchés que lors des vagues précédentes, notamment à cause de la forte contagiosité du variant Delta. 

Dans son dernier bulletin épidémiologique du 26 août, Santé Publique France note que 20% des personnes testées positives à la Covid-19 ont entre 0 et 17 ans. “Les 0-2 ans représentaient 5% des nouveaux cas parmi les moins de 18 ans, les 3-5 ans 8%, les 6-10 ans 29%, les 11-14 ans 31% et les 15-17 ans 27%”, détaille l’agence de santé.

Si le taux d’incidence diminue chez les 15-17 ans, les 11-14 ans et les 6-10 ans, il a augmenté chez les petits de 0 à 5 ans. 

Pour l’épidémiologiste Vittoria Colizza, le retour des vacances pourrait avoir des conséquences sur la situation sanitaire avec une hausse des cas chez les enfants. “L’été dernier, la hausse du nombre de cas avait accéléré à la rentrée à cause d’un brassage de population revenant de zones touristiques, où le virus circule beaucoup“, explique-t-elle sur Franceinfo.

De plus, les dernières modélisations de l’Institut Pasteur publiées le 28 juin dernier suggéraient que les enfants pourraient représenter près de 50% des contaminations dès septembre. Cette hypothèse entrainerait également une hausse des contaminations dans les autres tranches d’âge.

Une rentrée sous le feu des critiques

Dans une tribune publiée par Le Monde le 19 août dernier, une trentaine de médecins et enseignants ont exprimé leur inquiétude face au protocole sanitaire dévoilé par le ministre de l’Éducation, Jean-Michel Blanquer.

Pour eux, il n’est pas possible “d’envisager une reprise au ‘niveau 2’ du protocole sanitaire, alors que le taux d’incidence chez les 0-19 ans est cinq fois supérieur à celui de la rentrée 2020”.

Les principaux syndicats représentants le corps enseignant – Snuipp (primaire), Snes (secondaire) et Snuep (enseignement professionnel) – ont également exprimé leur mécontentement : “Nous sommes en pleine pandémie, avec des élèves qui ont déjà été très impactés et, malgré cela, monsieur Blanquer n’a jamais ralenti ses mesures. Il aurait pu au moins lever le pied le temps que tout cela se calme, mais non, il insiste et passe en force, suivant un calendrier politique qui nous échappe”, s’indignent-ils auprès de La Provence.

De nouveaux protocoles sanitaires dans les établissements scolaires

Jean-Michel Blanquer a donc misé sur une rentrée scolaire avec un protocole sanitaire de “niveau 2”. La mesure phare de ce protocole est la fermeture de classe dans les écoles lorsqu’un élève a un test PCR positif. Pour les lycées et collèges, si un élève est testé positif, il devra suivre les cours à distance ainsi que les élèves contact à risque non vaccinés. 

Il peut être difficile de détecter la Covid-19 chez les enfants puisqu’ils sont – la plupart du temps – asymptomatiques. Vittoria Colizza suggère donc de mettre en place un dépistage régulier en milieu scolaire. “Si le taux d’adhésion est assez élevé, cela permettrait de réduire de 25% les contaminations et surtout de garder les écoles ouvertes”, explique-t-elle.

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