Covid-19 et grippe : en quoi la vaccination contre la grippe peut-être un "acte citoyen" ?

Selon de nombreux professionnels de santé, la vaccination contre la grippe permettra d’éviter une double épidémie cet l’hiver. Ce vaccin écartera les risques d’engorgement des hôpitaux déjà très sollicités par la crise sanitaire de Covid-19.

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En 2019, la grippe a provoqué près de 65.600 passages aux urgences. Cette pathologie est une infection respiratoire aiguë très contagieuse et dangereuse pour les sujets fragiles comme les personnes âgées, les femmes enceintes, les nourrissons et les individus avec des comorbidités (diabète, maladies cardiaques, troubles respiratoires).

Covid-19 et grippe : des symptômes similaires

Face à la recrudescence des cas de Covid-19, les médecins et les scientifiques sont de plus en plus nombreux à encourager la vaccination contre la grippe. À l’approche de l’automne, les premiers symptômes de la grippe font leur apparition : toux, fièvre, fatigue et maux de tête. Des manifestations qui sont également évocatrices du coronavirus.

Ce vaccin ne protège donc pas contre la Covid-19, mais il permettra de distinguer les patients touchés par le SARS-CoV-2 et ceux atteints par le virus de la grippe. Grâce au vaccin, un médecin pourra donc éliminer immédiatement l’éventualité d’une grippe si un patient symptomatique se présente dans son cabinet.

À la mi-octobre, une grande campagne de vaccination contre la grippe débutera et ciblera 12 millions de personnes considérées comme fragiles. “Il faut la rendre obligatoire pour les plus de 65 ans et pour les soignants”, a ajouté Jean-François Mattéi, président de l’Académie de médecine à nos confrères du Parisien. Pour certains, la vaccination contre la grippe en cette période d’épidémie de Covid-19 est même considérée comme un acte citoyen : “C’est un mouvement citoyen cette année d’essayer d’optimiser et d’augmenter le pourcentage de Français qui vont être vaccinés contre la grippe”, a ainsi expliqué le Pr Jean-François Delfraissy, président du conseil scientifique sur RTL.

Vaccin contre la grippe : limiter l’obstruction des centres de dépistage

Pour les professionnels de santé, une vaccination massive permettra de soulager les hôpitaux qui n’auront pas à lutter contre deux épidémies en même temps. “L’idée essentielle, c’est d’essayer de limiter au maximum les besoins en santé liés aux complications de la grippe. Donc ce sur quoi on insiste cette année, c’est que toutes les personnes qui sont visées par les recommandations se fassent vacciner effectivement”, a précisé le Dr Elisabeth Bouvet, présidente du comité technique des vaccinations à Europe 1.

Autre argument revendiqué par les spécialistes ? Éviter l’engorgement des laboratoires et des centres de dépistage. Ces lieux sont déjà très sollicités et l’attente est parfois longue pour faire le test PCR-RT et avoir ses résultats. Sans le vaccin, il est plus difficile de dissocier un patient touché par la grippe ou par la Covid-19. Réaliser le vaccin permettra donc de limiter le nombre de malades qui se rendent aux laboratoires.

Cependant, cette revendication de vaccination est atténuée par certains professionnels de santé. “Attention tout de même. Le risque d’une incitation trop large est de ne pas avoir assez de doses pour vacciner les plus fragiles. On s’organise pour vacciner plus, et pensons qu’il faut multiplier les vaccinateurs. On peut imaginer une combinaison test PCR et vaccin grippe effectuée par les pharmaciens biologistes”, a complété Carine Wolf-Thal, présidente de l’Ordre des pharmaciens au Parisien.

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