Cosmétiques : "60 millions de consommateurs" alerte sur des substance toxiques

Au total, ce sont 86 produits cosmétiques issus de six familles différentes que le magazine 60 millions de consommateurs a passé au crible pour son étude “Cosmétiques. La liste noire”, menée en collaboration avec l’Institut national de la consommation (INC). Les résultats, publiés ce jeudi 27 août, mettent en lumière leur nouvel outil d’évaluation : le Cosméto’Score. 

Un outil d’évaluation pour déterminer les risques pour l’Homme et la planète

“Ce n’est pas un simple relevé de quelques substances parmi les plus problématiques, mais un calcul de risque global pour la santé et l’environnement qui tient compte de chaque ingrédient, de sa quantité dans le produit, et de l’utilisation qui est faite du produit”, détaille le magazine. 

Ainsi, chaque ingrédient affiché de vernis à ongles, fonds de teints, crèmes et gels douche, crèmes hydratantes, dentifrices et mousses à raser a été évalué, “en tenant compte de son importance dans la composition”. Plusieurs références issues de différentes marques (bio ou non) ont ensuite été classées avec des notes allant de A à E (A signifiant “sans réserve d’utilisation” et E se traduisant par une “utilisation fortement déconseillée, produit contenant trop de substances problématiques”). 

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“On attend d’une crème hydratante qu’elle nourrisse et assouplisse la peau, pas qu’elle l’irrite ; d’un gel douche douche qu’il lave et non qu’il provoque une allergie ; et d’un dentifrice qu’il nous netoie les dents, mais pas avec des substances potentiellement cancérogènes… Pourtant ce sont des risques auxquels nous sommes confrontés quotidiennement”, regrette Sylvie Metzelard, rédactrice en chef de 60 millions de consommateurs.

Allergisants, irritants, cancérogènes… Des ingrédients problématiques 

Les ingrédients les plus problématiques présents dans les crèmes semblent être les polymères. Ces derniers permettent de limiter la perte en eau de la peau, mais leur fabrication est très polluante. Le magazine regrette également le recours à des substances allergènes comme le phénoxyéthanol et à des colorants dits azoïques, irritants et potentiellement cancérogènes, dans ce type de produit.

Dans les fonds de teint, dont l’étiquetage n’est pas précis estime 60 millions de consommateurs, des perturbateurs endocriniens sont présents. Côté vernis, ce sont les résines (phtalates, formaldéhyde, toluène, camphre, Phtalic Anhydride Trimelitic Anhydride Glycols Copolymer) qui posent problème.

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Les produits lavants, souvent parfumés, renferment des allergènes, tensioactifs et conservateurs accusés d’entraîner des irritations et d’être nocifs pour la planète. Parmi eux, la méthylisothiazolinone (MIT), utilisée pour remplacer les parabènes, suspectés d’être des perturbateurs endocriniens depuis de nombreuses années. Problème : “elle est responsable de très nombreux cas d’allergies cutanées”, précise le mensuel

Des métaux lourds, du dioxyde de titane (interdit dans les produits alimentaires depuis le 1er janvier dernier), du sodium lauryl sulfate (irritant) ont été identifiés dans des dentifrices. Enfin, pour les mousses à raser, ce sont surtout les aérosols qui sont dans le viseur. “Les gaz propulseurs (des hydrocarbures) présentent des risques. Non seulement ils sont inflammables, mais dans la plupart des références de notre panel il y a des traces de butadiène – classé comme ‘pouvant être cancérogène-mutagène-reprotoxique”

Le magazine propose également à ses lecteurs une liste d’ingrédients à repérer pour les éviter. 

La Fédération des entreprises de la Beauté évoque “des indicateurs imprécis”

Sur Twitter, la Febea (Fédération des entreprises de la Beauté) a vivement réagit quant aux résultats de cette étude. “L’indicateur conçu par le magazine mélange les données sur la santé, sur l’environnement, sur les allergènes (qui ne concernent par définition que les rares personnes allergiques à un ingrédient) et sur d’éventuels mauvais usages (comme les aérosols inflammables…), écrit-elle. 

Et de préciser : “Tous les produits cosmétiques vendus en France respectent la réglementation cosmétique européenne, la plus stricte du monde, et tous sont donc sûrs, autorisés et contrôlés. Les fabricants de produits cosmétiques ne se contentent pas de se conformer à la réglementation : ils réalisent aussi en permanence des efforts de recherche considérables pour développer des produits toujours mieux tolérés, plus efficaces et respectueux de l’environnement.”

Son président, Patrick O’Quin, a de son côté estimé que “le débat sur la composition des produits est toujours légitime, en cosmétique comme pour tous les autres produits de consommation. Mais inquiéter le consommateur avec des indicateurs imprécis et des informations incomplètes n’est pas la bonne méthode”, précise-t-il.

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