Comment traiter son jardin naturellement avec un purin fait maison

Alliés du jardinier pour la protection et la santé des végétaux, les purins sont sans danger pour l’environnement. On apprend à les utiliser.

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Les purins, aussi appelés “extraits fermentés”, sont des préparations à base de végétaux et d’eau qui fermentent à froid spontanément. Destinés à entretenir la bonne santé d’autres plantes, ils agissent comme des biostimulants (des fortifiants en quelques sortes), mais pas seulement…On les trouve prêts à l’emploi dans le commerce mais il est aussi possible de les élaborer soi-même.

Préventifs et curatifs

On les considère aujourd’hui comme des outils de biocontrôle. Grâce à eux, parasites ou maladies sont maintenus à un niveau acceptable pour les plantes, voire repoussés, mais ne sont pas éradiqués. S’ils sont de bons préventifs, leurs vertus curatives sont plus limitées. Aussi, il convient de les utiliser dès l’apparition des symptômes. Les principales espèces préparées en purin sont la consoude de Russie (Symphytum peregrinum), la fougère mâle (Polystichum filixmas), la fougère aigle (Pteris aquilina), la grande ortie (Urtica dioica), la prêle (Equisetum arvense) et l’ail commun (Allium sativum). On emploie les purins dilués, en arrosage ou en pulvérisation. Bien que simples à préparer soi-même, ils sont disponibles en jardineries, prêts à l’emploi, en bidon (1, 2 ou 5 l) ou en BaginBox (1,5 ou 3 l). Cette dernière présentation, étanche, permet une meilleure conservation.

A savoir. Les purins ont une durée de vie assez limitée : en bidon classique, une fois celui-ci ouvert, ils ne se gardent que trois semaines environ. Il est conseillé de les préserver de tout contact avec l’air et la chaleur, afin de les conserver entre deux et trois mois.

Une ancienne loi agricole peu clémente

Aussi étrange que cela puisse paraître, la vente et même la diffusion de leurs recettes ont été interdits par la loi d’orientation agricole de janvier 2006. Les purins étaient alors considérés comme des produits phytosanitaires au même titre que les traitements chimiques et devaient faire l’objet d’une demande (très coûteuse notamment en expérimentation) d’homologation (AMM ou autorisation de mise sur le marché).

A savoir. Associations écologistes et jardiniers se sont insurgés contre une législation qui condamnaient des pratiques ancestrales, qui plus est totalement naturelles !

Réhabilitation réussie

A partir de 2014 et de la loi d’avenir pour l’agriculture, l’alimentation et la forêt, au fil des décrets et réglementations – tantôt au niveau européen, tantôt au niveau national –, les purins ont retrouvé droit de cité parmi les produits de traitement pour le jardin. Aujourd’hui, ils ont même le vent en poupe. D’autant que, depuis janvier 2019, les jardiniers amateurs ne peuvent plus utiliser de produits chimiques de synthèse. Désormais, les purins entrent dans la catégorie législative des PNPP, c’est-à-dire des “préparations naturelles peu préoccupantes”.

A savoir. Le libellé PNPP regroupe des produits à base de plantes sans OGM notamment, obtenus par des procédés facilement accessibles à tous, qui ne sont pas nocifs pour la santé humaine et animale, ni pour l’environnement.

Les principaux purins

Le purin d’orties

C’est un excellent stimulant, il est utilisé (dilué entre 10 et 20%) comme engrais pour favoriser la croissance des plantes et renforcer leurs défenses. Il est également apprécié pour ses propriétés répulsives sur les pucerons et acariens.

Le purin de consoude
Riche en calcium, potasse et azote, on l’emploie comme engrais (dilué entre 10 et 20% ) ou pour stimuler la reprise d’une plante (dilué à 5% ). Placé dans l’eau d’arrosage des pommes de terre ou tomates, il les fortifiera et pulvérisé sur les feuilles, il les renforce et protège la plante des maladies.

Le purin de prêle
On s’en sert (dilué à 5%) pour consolider les végétaux. Il s’avère aussi précieux dans la lutte contre la plupart des maladies cryptogamiques (maladies provoquées par des champignons) : l’oïdium, la rouille, la maladie des tâches noires du rosier ( en pulvérisation diluée à 10 %).

Faites votre purin vous-même

Utilisez si possible de l’eau de pluie, non calcaire. Sinon, laisser décanter l’eau du robinet quelques jours à l’air libre. Privilégiez les contenants en plastique : ils ne s’altèrent pas et ne libèrent pas d’éléments nocifs. Comptez entre 800g et 1kg de plantes fraîches pour 10 l d’eau (ou 100 à 200g de plantes sèches). Hachez les branches et les feuilles, placez-les dans un filet (type filet d’oranges) et plongez-le dans un seau d’eau. Entreposez dans un local aéré et frais. Couvrez à demi, pour que l’air circule. Remuez une fois par jour durant la fermentation. Tant que des bulles remontent, la fermentation n’est pas terminée. Filtrez, puis stockez dans des bidons opaques, au frais.

Les chiffres-clés

  • 5 à 30 jours, c’est la durée de la fermentation selon la nature de la plante utilisée et la température ambiante.
  • 5 à 20%, c’est la dilution préconisée selon la nature de la plante, l’action recherchée (stimulant, répulsif) et les conditions d’application (arrosage, pulvérisation).
  • 8€/l, c’est la fourchette de prix des préparations du commerce.

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