Acheter un arbre, un bon investissement ?

Plutôt que de boursicoter, vous pouvez – à bien moindre frais – acquérir un mélèze, un pin ou un chêne. Une action gagnante… au moins dans la lutte contre le réchauffement climatique.

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La déforestation sévit aux quatre coins du monde. 43 millions d’hectares de forêts ont disparu entre 2004 et 2017, selon WWF. Une catastrophe pour les populations qui dépendent de cet écosystème, la biodiversité et le climat. Pour ce dernier, les arbres font pourtant partie des solutions. Car ils absorbent dans l’atmosphère le dioxyde de carbone (CO2) nécessaire à leur croissance. “Les forêts représentent le principal puits de carbone et de biodiversité”, affirme Nicolas Blain de Reforest’Action, entreprise qui reboise avec des fonds de particuliers et d’entreprises. Il est donc nécessaire de les protéger et de les développer.

Pourquoi pas participer à cet élan en plantant vous-même des spécimens ou, si vous n’avez pas l’âme d’une sylvicultrice, en confiant cette mission à des associations ou des entreprises ? Cela peut même vous rapporter de l’argent si vous faites appel aux services de sociétés spécialisées : “Quand les clients achètent des arbres, ils en deviennent propriétaire”, explique Baudoin Vercken, cofondateur d’EcoTree, et “le retour sur investissement se fait à l’occasion des coupes en forêt et de la vente du bois”. Cette société propose ainsi d’acquérir des chênes, des pins ou encore des “bouquets” d’essences différentes. Une idée séduisante, mais reste à savoir si elle a un intérêt pour regarnir les forêts ou s’il s’agit d’un simple outil pour garnir son portefeuille !

Faire feu de tout bois

Le GIEC* préconise de reboiser 1 milliard d’hectares afin d’aider à contenir la hausse des températures à 1,5 °C d’ici 2050. Faire pousser du vert permet de participer à l’atteinte de cet objectif. Cependant, reboiser la forêt aujourd’hui n’aura pas d’impact immédiat sur les niveaux de CO2 dans l’atmosphère. Il n’y a que dans Astérix & Obélix que les végétaux croissent de vingt mètres en quelques secondes… Il faut attendre trente ans pour que les arbres atteignent 80 % de leur potentiel de stockage de CO2. Ce n’est donc pas le remède miracle – la priorité reste la réduction des émissions – mais un bon coup de pouce. À la condition toutefois que ces opérations se déroulent de manière écologique. Cela signifie varier les essences et ne pas utiliser de produits chimiques notamment. “Nous assurons la gestion durable des massifs forestiers plantés”, souligne Baudoin Vercken.

Patience, ça pousse !

En investissant dans des arbres, ne comptez pas sur des dividendes élevés et rapides. “Les revenus sont liés au développement de la forêt. Nous ne précipitons pas la coupe”, prévient le cofondateur d’EcoTree. Les arbres croissent d’environ 2 % par an. C’est le rendement affiché par l’entreprise. Ainsi, s’offrir un mélèze de 2 à 4 ans en Corrèze à 18 euros rapportera 57 euros dans cinquante-neuf ans. Pressée ? Un pin maritime de 35 à 40 ans coûte 18 euros et le gain estimé dans treize ans culmine à 23 euros ! Soit quatre fois le rendement du Livret A, mais contrairement à cette épargne, les fonds sont bloqués. Bloqués au profit de l’environnement. C’est la principale récompense de ce type d’investissement finalement.

Bon plant pour tous

Et si vous enfiliez des bottes pour mettre en terre un chêne, un saule pleureur… ? L’environnement en tirera profit, et votre santé aussi. Crapahuter en pleine nature fait toujours du bien. Et pour semer les essences qu’il faut où il faut, de nombreuses associations vous aident (Cœur de Forêt, All for trees, Planteurs Volontaires…).

Le Vert à moitié plein

205 gigatonnes : c’est la quantité de CO2 atmosphérique que pourrait absorber la plantation de 900 millions d’hectares de forêt, selon une étude de l’École polytechnique fédérale de Zurich parue en 2019**. Cela équivaudrait au deux tiers des émissions dues aux activités humaines depuis la révolution industrielle.

* Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat.

** “The Global Tree Restoration Potential”, revue science (5 juillet 2019).

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