“L’Histoire secrète de la résistance” : qui est Berty Albrecht, féministe et figure de la résistance française ?

Mardi 4 mai 2021, France 2 se penche sur L’Histoire secrète de la résistance avec un documentaire diffusé à 21h05 mêlant images d’archives et scènes de fiction. Un récit passionnant et détaillé de la naissance et de l’unification de la Résistance via le parcours de cinq figures emblématiques, parmi lesquelles Berty Albrecht.

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C’est un destin trop méconnu, celui de Berty Albrecht, sur lequel revient un documentaire réalisé par Caroline Benarrosh, produit par Brainworks et diffusé à 21h05 mardi 4 mai 2021 sur France 2. Intitulé L’Histoire secrète de la résistance et présenté par Julian Bugier, animateur phare de la chaîne de France Télévision, ce documentaire raconté par Gaël Faye, mêlant images d’archives et scènes de fiction, que Femme Actuelle a pu voir avant sa diffusion, propose un récit passionnant et détaillé (grâce aux travaux des Historiens et aux récits des résistants eux-mêmes, qui ont nourrit les dialogues) de la naissance et de l’unification de la Résistance. En reconstituant fidèlement le parcours de cinq personnages clefs “d’origine et de conditions très différentes”, L’Histoire secrète de la résistance, à la réalisation originale (les acteurs représentant les résistants se confient face caméra, comme dans un documentaire contemporain) relate le combat, au péril de leur vie, de quatre hommes et une femme parmi lesquels Jean Moulin, Gilbert Renaud, George Beaufils, Henry Frenay et… Berty Albrecht, donc. Le film s’ouvre sur des images du Mont-Valérien, où l’armée allemande a exécuté plus de 1.000 personnes pendant la Seconde guerre mondiale, dont de nombreux résistants. Berty Albrecht, elle, perdra de son côté la vie à la prison de Fresnes.

Militante des droits de l’Homme depuis les années 1930, Berty Albrecht, née en 1893, réveillera l’engagement politique de Henry Frenay, avec qui elle noue une relation amoureuse. C’est en effet à cette femme engagée à gauche, féministe et antifasciste, qu’Henry Frenay (qui disait appartenir, avant leur rencontre en 1934, à “cette droite française, traditionaliste, pauvre, patriote et paternaliste”), construit sa conscience militante. Elle parle couramment l’Allemand, ce qui se révélera assez pratique pour glaner des informations. À partir de 1940, Berty Albrecht entre aux Usines Fulmen à Vierzon et en profite pour faire passer la ligne de démarcation à des prisonniers évadés.

Mourir plutôt que parler

Berty Albrecht crée un service social qui lui sert aussi de couverture pour venir en aide aux camarades du mouvement emprisonnés. En leur rendant visite en prison, elle leur remet des messages de leurs familles, ce qui les aide à ne pas perdre espoir. Elle essaye également de repérer des geôliers corruptibles afin d’envisager une évasion. Malheureusement, ses nombreuses visites dans les bureaux du Commissariat au Chômage attirent l’attention de la police de Vichy, qui minimisait jusque-là son rôle et arrête Berty Albrecht une première fois en janvier 1942. Relâchée au bout de trois jours, elle est contrainte à la démission. Elle est arrêtée une nouvelle fois en avril 1942 et condamnée à six mois de prison ferme.

Comme le rappelle le Musée de la Résistance, lors de l’invasion par les Allemands de la zone sud, en novembre 1942, Berty Albrecht décide de simuler la folie et est envoyée à l’asile psychiatrique de Bron, avant d’être libérée par un commando de “Combat”, avec l’aide de sa fille Mireille. Elle refuse de partir en Angleterre et reprend ses activités, puis rejoint son compagnon Henri Frenay. Mais bientôt, elle devra tout quitter : son combat et l’homme qu’elle aime. Berty Albrecht sera arrêtée une troisième fois le 28 mai 1943 à Mâcon, par la Gestapo (notamment par Klaus Barbie) au cours d’un faux rendez-vous. Elle est torturée, transférée à la prison de Montluc, puis à celle de Fresnes où elle est incarcérée le 31 mai. Elle ne parlera jamais : la résistante se pend dans la nuit après une nouvelle séance de torture. En mai 1945, son corps est retrouvé dans le jardin potager de la prison où elle s’est donnée la mort. Inhumée dans la crypte du Mémorial de la France combattante au Mont Valérien, à Suresnes, Berty Albrecht est faite Compagnon de la Libération à titre posthume par décret du 26 août 1943. Elle est une des six femmes nommée dans cet ordre.

L’Histoire secrète de la résistance, mardi 4 mai 2021 à 21h05 sur France 2.

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