Affaire Omar Raddad: vers une révision du procès?

Ce jardinier marocain a été condamné pour le meurtre de Ghislaine Marchal en 1991 à Mougins. Condamné en 1994 puis partiellement gracié en 1998, l’homme a toujours clamé son innocence.

  • Jacques Chirac

L’affaire relancée? Les avocats d’Omar Raddad vont déposer ce 22 juin une requête en révision du procès. L’homme qui a toujours clamé son innocence, avait été condamné à 18 ans de réclusion, sans possibilité de faire appel. De nouveaux éléments découverts en 2015 permettent à la défense de demander un nouveau procès pour prouver l’innocence de leur client qui aura passé sept ans derrière les barreaux. Ainsi, fin 2015, les enquêteurs font de nouvelles découvertes: quatre empreintes génétiques correspondant à quatre hommes non identifiés ont été retrouvées sur deux portes et un chevron qui se trouvaient sur la scène du crime. Sur ces portes figurait l’inscription écrite avec le sang de la victime – telle une signature supposée de son meurtrier – “Omar m’a tuer” (sic). La faute d’orthographe avait alors longuement alimenté les débats. La victime, une riche veuve d’un équipementier automobile, aurait-elle commis cette faute?

Les traces d’ADN retrouvées sur le lieu du crime ne sont pas les siennes

Ce sont les analyses génétiques de ces empreintes, effectuées en 2019, qui sont aujourd’hui au coeur des interrogations. Selon l’expertise, plus d’une trentaine de traces d’un ADN n’étant pas celui d’Omar Raddad ont été retrouvées sur l’une des inscriptions. D’après le rapport, l’ADN aurait été déposé potentiellement par l’auteur du message. Les comparaisons effectuées auprès de proches de la victime n’avaient rien donné. Omar Raddad avait bénéficié d’une grâce partielle du président Jacques Chirac et d’une libération conditionnelle en 1998 mais cette grâce ne vaut pas annulation de la condamnation et ne l’innocente pas. C’est seulement depuis une loi de 2014 sur l’assouplissement des conditions de révision des procès criminels que de nouvelles investigations ont pu être menées. L’avocate de l’ex-jardinier va donc déposer sa requête au palais de justice de Paris en présence de l’académicien Jean Marie Rouart, auteur d’un livre sur cette affaire, et de l’ancien député Georges Fenech, un des artisans de la réforme de 2014. “Grâce aux éléments nouveaux découverts depuis la dernière décision de rejet de la Cour de révision” en 2002, “la vérité sur l’innocence d’Omar Raddad sera reconnue, c’est notre intime conviction», indique le communiqué de la défense.

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