L’auteur d'« Une étude en jaune » défend l’engagement de la jeunesse

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  • Aujourd’hui, « Une étude en jaune » de Guillaume Le Cornec paru le 4 novembre 2023 aux Éditions Seuil Jeunesse.

Christian Dorsan, auteur, blogueur et contributeur du groupe de lecture 20 Minutes Books, vous recommande « Une étude en jaune » dont il a interviewé l’auteur, Guillaume Le Cornec. Ce deuxième livre de la saga policière Les Murmures est paru le 4 novembre 2023 aux Éditions du Seuil Jeunesse.

Sa citation préférée :

Il crie et ouvre brutalement les yeux comme s’il risquait de sombrer dans un puits de démence sans fond, sans fin. La panique monte, monte, monte… Il porte ses mains à ses joues. Merde alors, il pleure ! Il ne peut tout simplement pas s’arrêter. Il chiale comme un môme, Bilal, le droit et l’élégant Bilal sent toute son architecture mentale craquer, son équilibre proverbial s’effondre.

Pourquoi ce livre ?

  • Parce qu’après un premier opus, Les Passants noirs, primé à Cognac, le deuxième tome de la saga Les Murmures démarre sur les chapeaux de roues et le rythme est gardé jusqu’au bout. Après Lyon la bourgeoise, c’est dans le milieu des docks du Havre qu’Enzo et Manon viennent en aide à Bilal, brillant étudiant. Et comme dans le tome I, il y a un choc dû à la vision d’un tableau, une étude de Dufy.
  • Parce que la manière dont sont révélés les traumas du passé réserve des surprises et les démêlés d’Enzo avec la Famille Demeco, deviennent complexes et mettent en jeu la vie de ses amis. C’est sans compter sur un mystérieux tueur à gage.
  • Parce que Guillaume Le Cornec décrit dans ses fictions une jeunesse engagée, consciente des enjeux économique, environnementaux, une jeunesse soucieuse de son avenir, une jeunesse positive, et ça fait du bien !

Guillaume Le Cornec, dans votre roman les personnages sont happés par un tableau qui leur « parle » en réveillant un traumatisme oublié. D’où vient cette idée de « faire parler » les tableaux ?

Les tableaux ne parlent pas vraiment, naturellement, mais les émotions qu’ils déclenchent sont si fortes que certaines personnes développent des malaises ou des troubles. L’idée du syndrome de Stendhal faisant ressurgir un trauma couplé au polar m’a semblé être un bon alliage pour construire un récit. Ensuite et plus profondément, reprenant à mon compte une citation de mon amie la romancière Michèle Pedinielli, il y a l’idée que sans la beauté et sans l’art, nous allons vers la barbarie.

Vous quittez la bourgeoise lyonnaise du premier tome pour centrer l’action du second dans les docks du Havre. Deux milieux différents, effet miroir voulu ?

Dans tous mes livres, j’essaie de questionner le capitalisme et le monde contemporain. Le capitalisme, ce sont des gagnants et des perdants, des gens qui naissent avec tout et d’autres à qui rien n’est offert. Quant au Havre, c’est une ville portuaire qui a quelque chose de plus que les autres… Sa taille ? la démesure de son industrie ? Quand j’ai découvert le Musée d’art moderne, ma décision a été prise : un jour j’écrirai un roman dont l’action se passe ici.

Dans votre livre se cotaient la finance, les industries et la mafia. Ces milieux utilisent-ils les mêmes méthodes ?

Pas toujours, heureusement (rires)… Pourtant, le crime organisé et certaines multinationales qui s’affranchissent des règles sont les deux faces d’un même système qu’il convient d’interroger… Le capitalisme est par essence un système de prédation. On pioche des ressources, on les transforme et on les vend. Jusqu’à épuisement ? L’ultra-capitalisme et le crime organisé partagent cette idée que la règle est faite pour être abolie ou contournée. Cela conduit à l’ubérisation du travail, à la destruction du vivant, et parfois à la fusion de ces deux mondes…

Vos jeunes héros semblent concernés par leur époque, avec un sens moral de l’engagement. Était-ce important pour vous de montrer une jeunesse positive ?

Je passe ma vie avec des ados et, vraiment, ce cliché qui veut qu’ils soient peu engagés m’agace. Regardez qui milite, qui descend dans la rue… Après, que les gouvernements et le capitalisme aient décidé d’acheter la paix sociale par la promotion de la surconsommation érigée en dogme, c’est de leur responsabilité pas de celle de la jeunesse !

Vous avez créé une structure littéraire, La Mutinerie, en quoi consiste-t-elle ?

C’est une structure de médiation culturelle par la fiction afin que les musées, les grands sites patrimoniaux ou les Parcs naturels régionaux s’en emparent comme outils de découverte. Nous travaillons en direction du public adolescent et du public adulte. Remettre le vivant, la beauté au centre du jeu grâce à la littérature est une idée qui m’anime.

On espère un troisième tome de votre saga pour l’an prochain, il se déroulera où ?

Nous verrons si mon éditeur consent à m’envoyer à Naples pour les repérages (rires)…

L’essentiel en 2 minutes

L’intrigue. Au musée du Havre, Bilal, fils de docker, est victime du syndrome de Stendhal devant une étude de Dufy. Cet évènement coïncide avec le retour de son oncle « exilé ». Aidé des héros du premier tome, Enzo et Manon, Bilal devra affronter une réalité qui le dépasse.

Les personnages. Manon et Enzo qui viennent en secours de Bilal, jeune étudiant, la famille Boumaza dont l’oncle Rabah est un douteux homme d’affaires, le professeur Stapénic, Dalibor, tueur à gage, la mafia, une étude de Dufy et les dockers du Havre.

L’auteur. Avec Une étude en Jaune, Guillaume Le Cornec signe le deuxième tome de la saga Les Murmures. Le premier tome, Les Passants Noirs, a obtenu le prix Jeunesse au Festival Polar de Cognac. Après le succès des Enquêtes aux Jardins, il a créé La Mutinerie, structure de médiation littéraire.

Ce livre a été lu dans un tourbillon tant le deuxième tome de cette saga est très rythmé. Pas de temps mort, pas de répit, Guillaume Le Cornec dépeint une jeunesse engagée, lucide, loin des clichés d’ados passifs. Un excellent roman d’action, palpitant et passionnant.

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