"Je ne suis pas féministe, mais…" : sur Instagram, Lana Del Rey fait polémique

Dans un long post Instagram posté le 21 mai, la musicienne américaine s’en prend à celles et ceux qui lui reprochent de «glamouriser les relations abusives.» Et prend Doja Cat, Nicki Minaj ou Beyoncé comme contre-exemples.

Longtemps annoncé, souvent repoussé, on connaît enfin la date de sortie du nouvel album de Lana Del Rey. Ce sera le 5 septembre, d’après une note posté sur son compte Instagram. Mais l’info a été éclipsée par le reste du texte publié par la musicienne, où elle se défend de «glamouriser les relations abusives». Et évoque, en contre-exemples, les musiciennes qui sont actuellement en tête des charts : «Maintenant que Doja Cat, Ariana (Grande, ndlr), Camila (Cabello, ndlr), Cardi B, Kehlani, Nicki Minaj et Beyoncé ont toutes été numéro un avec des chansons qui parlaient d’être sexy, de ne pas porter de vêtements, de baiser, de tromper etc. – puis-je s’il vous plaît continuer à chanter sur le fait d’être incarnée, de se sentir belle en étant amoureuse même si la relation n’est pas parfaite, de danser pour de l’argent – ou de ce que je veux – sans être crucifiée ?»

Il est fréquemment arrivé que les textes de Lana del Rey soient qualifiés de passéistes, peu en phase avec le renouveau du féminisme actuel. En 2013, dans une interview au site The Fader, la chanteuse néo-zélandaise Lorde déclarait, dans une interview, qu’elle la trouvait «géniale», mais estimait qu’il était «vraiment malsain pour de jeunes files d’écouter des chansons qui disent “je ne suis rien sans toi”».

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Deux ans plus tard, des épreuves de Girl in the Band, l’autobiographie de Kim Gordon, du groupe Sonic Youth, fuitaient sur le web. Cette dernière écrivait que Lana Del Rey «ne savait même pas ce qu’était le féminisme» : «Elle croit que les femmes peuvent faire ce qu’elles veulent ce qui, dans son monde, revient à s’autodétruire, que ce soit en couchant avec de sales vieux types ou en se faisant violer en par un gang de bikers.» Le passage avait été retiré de la version définitive du livre. Mais avait dû rester en travers de la gorge de l’auteure de Blue Jeans.

En vidéo, Lana Del Rey recadre sèchement son petit ami sur le tapis rouge des Grammy Awards

« J’ai ouvert la voie »

Dans son post Instagram, Lana Del Rey le dit clairement : «Que ce soit clair, je ne suis pas féministe. Mais il doit y avoir une place, dans le féminisme, pour les femmes qui me ressemblent et se comportent comme moi – le genre de femmes qui disent non quand les hommes entendent oui – le genre de femmes qui sont massacrées sans pitié parce qu’elles sont elles-mêmes de la manière la plus authentique, délicate, le genre de femmes qui ont leurs propres histoires et leurs propres voix.»

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La musicienne, qui a récemment rompu avec son dernier petit ami, le policier Sean Larkin, revient enfin sur la façon dont s’est inspirée de ses histoires d’amour pour ses chansons : «J’ai toujours abordé mes relations compliquées de manière honnête et optimiste. Scoop : c’est comme ça que cela se passe pour de nombreuses femmes.» Selon elle, son approche «a vraiment ouvert la voie à d’autres femmes, cela leur a permis de ne plus “faire bonne figure” et de dire absolument tout ce qu’elle voulaient dans leur musique».

Bad buzz immédiat

Des déclarations qui font polémique. Sur Instagram, un commentaires la taxent de quadragénaire jalouse : «Billie Eilish a pris ta place». D’autres s’interrogent sur cette fameuse «voie» qu’elle aurait ouverte : «Personne n’a fait de chansons tristes avant toi ?? Lol c’est la plus lamentable et narcissiste des déclarations de tous les temps ! (…) Ne jette pas les autres artistes sous un bus parce que tu n’as pas eu l’attention que tu voulais.» Ou encore : «Tu aurais pu expliquer ta musique au lieu de t’en prendre à d’autres femmes.»

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En mentionnant Doja Cat, Beyoncé ou Nicki Minaj, Lana Del Rey a été également taxée de racisme. Dans un article publié sur les site du quotidien britannique The Guardian, le 21 mai, la journaliste Laura Snapes pointe combien «le tacle de Lana Del Rey à ses paires de couleur dessert son argumentation féministe» : envisager les femmes noires comme «hypersexualisées est un réflexe historiquement raciste – un geste persistant, qui a fait de ses artistes des objets de dérision médiatique bien plus largement que Lana Del Rey n’en fera jamais l’expérience».

Là encore, cette dernière s’est défendue dans les commentaires de son post : «C’est triste de faire de ce sujet une problématique sur les femmes de couleur, alors qu’il s’agit de mes artistes préférées (…). C’est exactement le but de mon post – il y a certaines femmes auxquelles la culture ne permet pas d’avoir une voix, ça n’a peut-être rien à voir avec la race, je ne sais pas ce à quoi cela tient. Je m’en fiche, maintenant, mais ne me traitez jamais jamais jamais jamais plus de raciste, parce que c’est de la merde.» L’artiste a fini par publier une nouvelle vidéo le 22 juin, extraite d’un de ses clips, avec pour seule légende un laconique «#fuckoff».

Lana Del Rey, qui a annulé pour raisons de santé la tournée européenne qui devait l’emmener à Paris le 7 juin au festival We Love Green, évoque ensuite ses projets. Elle promet de «revenir en détails sur certains de ses sentiments» dans deux livres de poésie à venir, dont les bénéfices iront à des associations soutenant la cause des Amérindiens. Et dans son prochain album, attendu désormais plus que jamais.

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